Cet été, Roboto Films a choisi de proposer une belle édition du dernier long-métrage d'Imamura Shohei, De l'eau tiède sous un pont rouge, datant de 2001. C'est un film assez atypique, mélangeant divers aspects de la filmographie de son auteur, à la fois drôle, poétique et profondément étrange, dans lequel Imamura réussit à transcender un sujet en apparence vulgaire en une fable finalement touchante.
Dans son exploration du cinéma asiatique, le NIFFF proposait cette année de découvrir Fish, Fists and Ambergris, premier long métrage de Duong Minh Chien, gros succès du cinéma vietnamien en 2025. Amusante comédie d'action, le film se présente comme un fier descendant de la tradition de la kung fu comedy hongkongaise.
Le NIFFF faisait la part belle à Taïwan cette année en présentant non seulement Deadline mais aussi le polar Dead End de Chan Chun-hao, auteur déjà remarqué dans le genre, nominé trois fois aux Taipei Films Awards. Sous influence du cinéma des frères Safdie, le réalisateur essaie de combiner le plus efficacement possible en à peine plus d'une heure et demie, la ville avec un sombre secret, le cynisme du traitement des personnes âgées, la corruption et la nécessité de dépasser les conflits familiaux. Le résultat a les défauts de ses qualités, efficace et sans temps morts mais ne s'attardant en conséquence pas toujours assez sur certaines de ses pistes.
Quelques années après nous avoir permis de découvrir Ohku Akiko avec Tempura, Arthouse nous propose de retrouver son univers doux amer avec Sous le ciel de Kyoto. Commençant comme une jolie et inoffensive comédie romantique un peu fantaisiste, le film révèle progressivement sous la fausse superficialité de sa forme ses vraies profondeurs et toute sa force affective, sans se départir de son ton particulier.
C'est l'un des films événements de ce NIFFF : Deadline de Kiwi Chow est une œuvre auréolée de scandales avant même d’atteindre les écrans. Interdit de tournage puis de diffusion à Hong Kong et filmé à Taïwan, il s’agit d’une dystopie sur la course à la réussite scolaire et l’aliénation qu’elle produit.
Cette année, le NIFFF nous gratifie de la présence de la suite d'un des films japonais chouchous des festivals de l'année dernière : Onsen Shark/Hotspring Shark. Le réalisateur Inoue Morito revient, avec la promesse d'un film encore plus fou "avec trois fois plus de requins" mais financé entièrement par crowdfunding pour éviter la peur lié à l'inflation mercantile des budgets après un film culte. Le pari est tenu avec Great Kyushu Showdown, qui porte en lui tout l'héritage et l'enthousiasme enfantin des films japonais excentriques sans budget, glorieusement mis au service du genre du film de requin, et même plus précisément du sous-genre de l'éruption de requins hors de l'eau.