L’Étrange Festival 2026 était l’occasion de découvrir The House on the Moon, un film à la réputation fort attrayante, un wuxia de Singapour signé du réalisateur Nelson Yeo, habitué aux oeuvres courtes ou longues à la charge graphique prononcée. Partager Suivre
Parmi les films asiatiques de l’Étrange Festival 2026, on pouvait trouver Trapped de Zhang Qi, un thriller dans lequel un policier d'un petit village isolé dans le désert découvre la main mise d'un chef mafieux caché sur la localité et sa confrontation avec ses propres hommes pour un magot accumulé depuis de nombreuses années. Si elle montre ça et là des faiblesses dans son écriture, cette production de Chine continentale se révèle convaincante sur grand écran.
L’Étrange Festival aime Park Hoon-jung, et après lui avoir donné la place d'honneur avec The Childe en ouverture il y a quelques années, elle l'accueille de nouveau avec son excentrique Tristes tropiques. Le film est un peu un rejeton très webtoon de The Witch et The Childe, un divertissement décomplexé plus intéressé à faire des séquences mémorables qu'à raconter une histoire. Si on cherche les talents de scénariste de Park, on sera déçu, si on veut le voir jouer avec ses jouets dans une élégie de la violence, on est au bon endroit.
Cette année, l’Étrange Festival a choisi comme film d'ouverture le wuxiapian (film de chevalerie chinois) ayant rapporté le plus d'argent non seulement en Chine, mais dans le monde, détrônant Tigre et Dragon. Le métrage marque aussi le grand retour derrière la caméra de Yuen Woo-ping pour un projet d'ampleur, dont au cours des huit dernières années nous n'avions pu découvrir que le chapitre de Septet. Le Sabre des Gardiens (镖人:风起大漠, littéralement "garde du corps : le vent se lève dans le grand désert") est une adaptation d'un manhua éponyme, et se présente comme un wuxia très classique dans son esprit mais aussi comme une célébration de l'art du réalisateur, la grande force du film étant ses chorégraphies martiales.
Parmi sa sélection asiatique, l’Étrange Festival 2026 a choisi de présenter le blockbuster de nouvel an à effets spéciaux taïwanais de l'année, Kung Fu de Giddens Ko, inspiré de son propre roman de 2001. Sur le fond, il s'agit d'un récit d'origine de super héros classique, mais sur la forme c'est un véritable chant d'amour aux films d'arts martiaux sous toutes leur forme, dans toutes leurs folies et excès. Un excentrique sans domicile fixe décide de faire de deux lycéens losers mais gentils les héritiers de sa secte martiale, et bien sûr, ils sont bientôt confronté à la noirceur du monde et à leur rapport à la chevalerie.
Joko Anwar revient aux affaires horrifiques par une approche singulière dont il a le secret. Ghost in the Cell, comme l’indique le ton parodique du titre, opère entre comédie burlesque et un film de prison qui se voudrait pamphlet politique. Étrange mélange, vu à l’Étrange Festival cuvée 2026.