L'infatigable réalisateur kazakh Adilkhan Yerzhanov est de nouveau présent à l’Étrange Festival avec Turgaud, passé en début d'année par Berlin. Cette fois, il nous propose un néo-western crépusculaire dans un Karatas en proie à une dictature mafieuse.
Pour la deuxième année, l'association Iran Ciné Panorama nous permet de découvrir des œuvres rares du monde persan. Parmi ces films, on retrouve l'étonnant Blueish de Vahid Parshad, finalisé en 2025, avant la guerre en cours. C'est un portrait à la fois glaçant et tendre des inquiétudes de la jeunesse iranienne, filmé avec un parti pris très assumé.
Si Le Syndicat du crime est un film révélateur pour l'industrie de Hong Kong, sa suite est un objet tout aussi influent à sa manière, initiant une révolution dans la façon de filmer l'action. Un an après le premier film, le succès surprise du premier opus pousse les investisseurs à réclamer une suite. Seulement, ils souhaitent capitaliser sur la gloire nouvelle de Chow Yun-fat, alors qu'une partie de son aura vient justement de son sacrifice héroïque à la fin du précédent épisode… Face à une situation insoluble, Tsui Hark propose une idée absurde, un frère jumeau, et ce choix très artificiel fait passer le film du monde du polar à un monde fou où toutes les surenchères sont possibles. C'est un film malade, les idées de John Woo et celles de Tsui Hark commençant à se désaligner, mais c'est aussi un grand exercice de style, incroyablement réussi, gratifié par Metropolitan et HK Vidéo d'une précieuse édition.
Il est des films qu'on oublie, d'autres qui deviennent des classiques ou développent un culte, mais plus rares sont les films comme Le Syndicat du crime de John Woo qui marquent un véritable jalon dans l'industrie cinématographique d'un pays. Sorti en 1986, cette production, sorte de note d'intention de la Film Workshop de Tsui Hark, est une réécriture de The Story of a Discharged Prisoner de Patrick Lung, tourné 20 ans plus tôt. En coffret Blu-ray ou UHD chez Metropolitan.
En 1958, après la noirceur figée du Château de l'araignée et les ténèbres des Bas Fonds, assez mal accueillis par le public local de l'époque, Kurosawa Akira s’attelle à un projet très différent, un des films d'aventure les plus influents du cinéma japonais : La Forteresse cachée. Carlotta nous propose cet été de retrouver sur grand écran cette œuvre conçue pour impressionner en salles, la première de Kurosawa à utiliser le Tohoscope et le système de son directionnel Perspecta. Mêlant aventure, drame et comédie, c'est un des projets les plus ambitieux mais aussi les plus accessibles de son auteur.
Cet été, Carlotta nous propose de retrouver trois classiques de Kurosawa Akira dans de nouveaux masters 4K et sur grand écran, et l'un des heureux élus est l'incroyable Château de l'Araignée de 1957, réécriture de Macbeth à l'ère Sengoku, mêlant au jidai-geiki les codes du no, avec l'une des plus folles prestations de Mifune Toshiro.