En 1958, après la noirceur figée du Château de l'araignée et les ténèbres des Bas Fonds, assez mal accueillis par le public local de l'époque, Kurosawa Akira s’attelle à un projet très différent, un des films d'aventure les plus influents du cinéma japonais : La Forteresse cachée. Carlotta nous propose cet été de retrouver sur grand écran cette œuvre conçue pour impressionner en salles, la première de Kurosawa à utiliser le Tohoscope et le système de son directionnel Perspecta. Mêlant aventure, drame et comédie, c'est un des projets les plus ambitieux mais aussi les plus accessibles de son auteur.
Cet été, Carlotta nous propose de retrouver trois classiques de Kurosawa Akira dans de nouveaux masters 4K et sur grand écran, et l'un des heureux élus est l'incroyable Château de l'Araignée de 1957, réécriture de Macbeth à l'ère Sengoku, mêlant au jidai-geiki les codes du no, avec l'une des plus folles prestations de Mifune Toshiro.
Cet été, l'exploration du catalogue de la Golden Princess par HK Vidéo continue avec un film de nouvel an de John Woo, Les Associés. En 1991, après les échecs successifs de The Killer et Une Balle dans la tête, Woo décide de mêler deux projets qui lui tiennent à cœur depuis longtemps, une variation sur Jules et Jim et un film de cambriolage sur la Côte d'Azur influencée par La Main au collet avec la commande de comédie d'action qu'on vient de lui confier.
Cet été, Roboto Films a choisi de proposer une belle édition du dernier long-métrage d'Imamura Shohei, De l'eau tiède sous un pont rouge, datant de 2001. C'est un film assez atypique, mélangeant divers aspects de la filmographie de son auteur, à la fois drôle, poétique et profondément étrange, dans lequel Imamura réussit à transcender un sujet en apparence vulgaire en une fable finalement touchante.
Dans son exploration du cinéma asiatique, le NIFFF proposait cette année de découvrir Fish, Fists and Ambergris, premier long métrage de Duong Minh Chien, gros succès du cinéma vietnamien en 2025. Amusante comédie d'action, le film se présente comme un fier descendant de la tradition de la kung fu comedy hongkongaise.
Le NIFFF faisait la part belle à Taïwan cette année en présentant non seulement Deadline mais aussi le polar Dead End de Chan Chun-hao, auteur déjà remarqué dans le genre, nominé trois fois aux Taipei Films Awards. Sous influence du cinéma des frères Safdie, le réalisateur essaie de combiner le plus efficacement possible en à peine plus d'une heure et demie, la ville avec un sombre secret, le cynisme du traitement des personnes âgées, la corruption et la nécessité de dépasser les conflits familiaux. Le résultat a les défauts de ses qualités, efficace et sans temps morts mais ne s'attardant en conséquence pas toujours assez sur certaines de ses pistes.