Cette année, l’Étrange Festival a choisi comme film d'ouverture le wuxiapian (film de chevalerie chinois) ayant rapporté le plus d'argent non seulement en Chine, mais dans le monde, détrônant Tigre et Dragon. Le métrage marque aussi le grand retour derrière la caméra de Yuen Woo-ping pour un projet d'ampleur, dont au cours des huit dernières années nous n'avions pu découvrir que le chapitre de Septet. Le Sabre des Gardiens (镖人:风起大漠, littéralement "garde du corps : le vent se lève dans le grand désert") est une adaptation d'un manhua éponyme, et se présente comme un wuxia très classique dans son esprit mais aussi comme une célébration de l'art du réalisateur, la grande force du film étant ses chorégraphies martiales.
Parmi sa sélection asiatique, l’Étrange Festival 2026 a choisi de présenter le blockbuster de nouvel an à effets spéciaux taïwanais de l'année, Kung Fu de Giddens Ko, inspiré de son propre roman de 2001. Sur le fond, il s'agit d'un récit d'origine de super héros classique, mais sur la forme c'est un véritable chant d'amour aux films d'arts martiaux sous toutes leur forme, dans toutes leurs folies et excès. Un excentrique sans domicile fixe décide de faire de deux lycéens losers mais gentils les héritiers de sa secte martiale, et bien sûr, ils sont bientôt confronté à la noirceur du monde et à leur rapport à la chevalerie.
Joko Anwar revient aux affaires horrifiques par une approche singulière dont il a le secret. Ghost in the Cell, comme l’indique le ton parodique du titre, opère entre comédie burlesque et un film de prison qui se voudrait pamphlet politique. Étrange mélange, vu à l’Étrange Festival cuvée 2026.
L'association Iran Ciné Panorama a décidément choisi des films radicaux pour cette deuxième édition de son festival, comme en témoigne la présence de The Wasteman d'Ahmad Bahrami. Troisième volet d'une trilogie initiée en 2020 avec The Wasteland, puis The Wastetown en 2022, ils s'agit d'un film en noir et blanc, format académique, sans paroles ni musique, avec un seul personnage, dans un style inspiré par Bela Tarr… Dans une ville désertée, un homme descend vers un cimetière en tirant une carriole : il vient enterrer son chien.
Après le confinement, dans la fièvre de "Femme, vie, liberté", Mahboube Gholami décide de louer sa maison pour le tournage d'un court métrage. L'expérience la fait passer par des états très différents. Son aventure est le point de départ de Moi, Maryam, les enfants et 26 autres personnes de Farshad Hashemi, dans lequel elle joue son propre rôle, qu'Iran Ciné Panorama a choisi cette année comme film d'ouverture du festival L'Iran, par delà les frontières.
L'infatigable réalisateur kazakh Adilkhan Yerzhanov est de nouveau présent à l’Étrange Festival avec Turgaud, passé en début d'année par Berlin. Cette fois, il nous propose un néo-western crépusculaire dans un Karatas en proie à une dictature mafieuse.