Tout juste arrivé à Taïwan pour y poursuivre sa carrière, l'un des plus grands artisans du cinéma classique hongkongais, Li Han-hsiang, réalise en 1965 Hsi Shih : la plus belle de toutes, une fresque monumentale consacrée à la guerre entre les royaumes de Wu et de Yue. La copie du film, restaurée en 4K par le Taiwan Film & Audiovisual Institue, est maintenant disponible en Blu-ray chez Carlotta Films.
L’Étrange Festival aime Park Hoon-jung, et après lui avoir donné la place d'honneur avec The Childe en ouverture il y a quelques années, elle l'accueille de nouveau avec son excentrique Tristes tropiques. Le film est un peu un rejeton très webtoon de The Witch et The Childe, un divertissement décomplexé plus intéressé à faire des séquences mémorables qu'à raconter une histoire. Si on cherche les talents de scénariste de Park, on sera déçu, si on veut le voir jouer avec ses jouets dans une élégie de la violence, on est au bon endroit.
Cette année, l’Étrange Festival a choisi comme film d'ouverture le wuxiapian (film de chevalerie chinois) ayant rapporté le plus d'argent non seulement en Chine, mais dans le monde, détrônant Tigre et Dragon. Le métrage marque aussi le grand retour derrière la caméra de Yuen Woo-ping pour un projet d'ampleur, dont au cours des huit dernières années nous n'avions pu découvrir que le chapitre de Septet. Le Sabre des Gardiens (镖人:风起大漠, littéralement "garde du corps : le vent se lève dans le grand désert") est une adaptation d'un manhua éponyme, et se présente comme un wuxia très classique dans son esprit mais aussi comme une célébration de l'art du réalisateur, la grande force du film étant ses chorégraphies martiales.
Après la première édition du Festival du Film Mousson où l'équipe avait choisi de présenter en ouverture le nouveau documentaire du vietnamien Trương Minh Quý (réalisateur du remarqué Viet et Nam) et du belge Nicolas Graux, leur film Hair, Paper, Water sort en salles ce mercredi via le Petit Chaos. Très court (71 min), tourné en 16mm à la bolex avec un son asynchrone, sur une durée de trois ans, dans la campagne de la frontière vietnamo-laotienne. C'est un portrait poétique de la communauté Rục (ethnie troglodyte découverte par le reste du pays en 1959), à travers les souvenirs d'une femme âgée de ce groupe ethnique peu connu, rêvant d'un voyage en bateau pour regagner la grotte de son enfance.
Parmi sa sélection asiatique, l’Étrange Festival 2026 a choisi de présenter le blockbuster de nouvel an à effets spéciaux taïwanais de l'année, Kung Fu de Giddens Ko, inspiré de son propre roman de 2001. Sur le fond, il s'agit d'un récit d'origine de super héros classique, mais sur la forme c'est un véritable chant d'amour aux films d'arts martiaux sous toutes leur forme, dans toutes leurs folies et excès. Un excentrique sans domicile fixe décide de faire de deux lycéens losers mais gentils les héritiers de sa secte martiale, et bien sûr, ils sont bientôt confronté à la noirceur du monde et à leur rapport à la chevalerie.
Joko Anwar revient aux affaires horrifiques par une approche singulière dont il a le secret. Ghost in the Cell, comme l’indique le ton parodique du titre, opère entre comédie burlesque et un film de prison qui se voudrait pamphlet politique. Étrange mélange, vu à l’Étrange Festival cuvée 2026.