Moonlight Mile, Touch Down, l’intégrale de la saison 2 (DVD)

Posté le 22 juin 2011 par

Le retour des ambitieux Gôro et Lostman, bien lancés dans leur conquête spatiale après une première saison introductive. Contrairement à ses héros, Moonlight Mile a du mal à décoller lors de cette seconde fournée de 14 épisodes. Par Victor Lopez.


Il faut bien avouer que dès le départ, l’anime Moonlight Mile ne faisait guère rêver. La série adapte en effet un manga fleuve (toujours en cours de publication après 21 volumes au japon) d’Ôtagaki Yasuo, qui n’a vraiment satisfait que les fans hardcore de Gundam et de L’Étoffe des héros en manque de testostérone. L’idée n’est pas mauvaise : le récit de S.-F. relate la mise en place du projet Nexus, qui vise le traitement de l’énergie de l’hélium 3 présent sur la Lune. Le problème est que l’auteur se focalise sur deux héros antipathiques au possible : Gôro, l’ouvrier décontracté aux gros muscles, et Lostman, le militaire américain, tous deux caricatures machistes du male dominant (mais au grand cœur quand même). Mais surtout, le mangaka colore son réalisme de vulgaires scènes de sexe censées appâter l’Otaku / Nerd avec des images racoleuses de femmes nues suivant celles de vaisseaux spatiaux en érection.

Si ce côté hentaï nous est épargné dans la série, on n’échappe pas à un bon quota de Fan Service, avec son lot de femmes décérébrées à forte poitrine (la palme vient à l’idole Maggy, malheureusement très présente dans ce second coffret). Mais surtout, on retrouve intact l’état d’esprit très beauf de nos deux héros, qui perçoivent tout comme compétition et défis à atteindre (y compris les partenaires sexuelles, d’où cette désagréable impression de misogynie latente). Bref, il y a un arrière fond assez désagréable à Moonlight Mile : un culte de la performance comme mode de vie, avec lequel on peut au départ ne pas être d’accord et qui rend sur la longueur cette série franchement insupportable.

On pourrait se consoler en considérant le côté « sérieux » d’une série qui veut s’ancrer dans un récit d’anticipation adulte. C’est peut-être vrai concernant les données scientifiques, ça l’est déjà beaucoup moins dans les rapports humains, qui suivent un schéma robotique et stéréotypé. La plupart des missions s’attachent à un personnage satellitaire, dont aucune des histoires n’est touchante, émouvante ou même surprenante. La palme est atteinte, alors qu’il s’agit pourtant là de toute la prétention d’Ôtagaki, dans la description des jeux de pouvoir entre les Etats, à côté desquels les relations diplomatiques de 24 heures chronos font office de documents Wikileaks. Il faut voir les propos du président américain, sans aucune subtilités et bien loin du jeux de langage qu’emploient les politiciens. De même, on ricane lorsque des personnages censés être intelligents sortent des ânerie comme cette astronaute dont le rêve est de devenir « présidente de l’Afrique »…(sic)

A cela s’ajoute une mise en scène sans originalité et une animation souvent très statique. On ne demandait pas la Lune au studio Hibari, mais un peu de rythme et de mouvement pour donner à une histoire déjà pas très prenante un peu de peps évitant l’ennui… Autant dire qu’on en est loin ! Et cette seconde saison est du même niveau que la première sur le plan technique comme dans son ensemble : économe, sans âme et sans vie.

Victor Lopez.

Verdict :

Sayonara

 

Moonlight Mile, Touch Down, l’intégrale de la saison 2, disponible en DVD édité par We Prod, depuis le 03/05/2011.


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