L'un des événements patrimoniaux de la 31e édition de L'Etrange Festival était la découverte de la restauration d'un étonnant montage de Black Magic with Buddha (parfois plus connu sous le nom de Nao Mo) de Lo Lieh. Destinée à l'Asie du Sud Est, cette version tente d'être respectueuse des croyances et légendes de la région, transformant le ton du film en expurgeant une bonne partie de sa dimension comique. Dans toute les versions, la trame reste la même : un homme à l'éthique douteuse rapporte d'une expédition le cerveau d'une momie et décide de forger un pacte faustien avec lui pour obtenir la richesse.
Adilkhan Yerzhanov ne cesse d’aller sur des terrains inédits sans jamais se contenter d’un simple essai : une fois le sillon creusé, il s’engouffre dans la brèche pleinement tout en continuant de le prolonger. Avec Moor, le cinéaste kazakh prolonge cette fois sa veine néo-noire avec toujours autant de maîtrise mais aussi de surprises.
Pour cette 31e édition de L'Etrange festival, Adilkhan Yerzhanov revient avec 3 projets marquant une évolution dans son œuvre, avec un retour à une tonalité plus directement sombre, avec moins d'éléments complétement comiques. On peut qualifier Cadet de film d'horreur, même s'il reste profondément marqué par l'absurde qui est la marque de fabrique du réalisateur. Un jeune enfant, accusé d'être efféminé parce que ses cheveux sont trop longs, se retrouve la cible de bizutage dans une école militaire où sa mère vient enseigner l'histoire. Mais petit à petit, son comportement change, alors que des événements inquiétants se produisent.
Auréolé du Grand Prix à Cannes 2025, Fantôme utile de Ratchapoom Boonbunchachoke est une véritable révélation, une œuvre de cinéma qui mélange les genres - film de fantôme, comédie satirique, romance, thriller violent - de telle que sorte qu'à chaque coin de pellicule, nous ne savons pas dans quelle monde nous allons. Long-métrage queer et anticapitaliste, il sort ce mercredi en salles via JHR Films.
Le Pacte distribue en salles cette semaine The Things You Kill d'Alireza Khatami, récemment récompensé du prix du jury et de la critique à Reims Polar. C'est un thriller troublant explorant par l'intime le refoulé brutal et patriarcal d'un système.
Après les acclamés Highway (2012) et White Sun (2016), le réalisateur népalais Deepak Rauniyar revient cet été avec un long-métrage engagé, aux accents féministes et subversifs. Sous forme d’enquête pour enlèvement menée dans le sud du Népal, le récit se fait nécessaire réquisitoire contre les discriminations, tout autant ethniques que genrées, sans toutefois réussir à convaincre complètement. Pooja, Sir est distribué en salles par ARP Sélection.