C'est à la suite d'un succès inespéré au Japon que Ne coupez pas !, la comédie horrifique à très petit budget de Ueda Shinichiro, vient offrir aux spectateurs du PIFFF un vrai moment d'inventivité et de jubilation. Une séance pleine de surprises à ne rater sous aucun prétexte.
Le 11 juillet dernier, Memories of Murder, le deuxième film de Bong Joon-ho, avait eu les honneurs d'une édition prestigieuse éditée par La Rabbia. Celle-ci, en plus de proposer le long-métrage dans des conditions techniques irréprochables, avait réussi à rassembler un nombre assez conséquent de bonus, allant du plus simple module sur les costumes aux deux gros morceaux de choix : un documentaire indispensable de près d'une heure, revenant rétrospectivement sur la genèse et la production du film, et un passionnant making-of du sound design du film. La cerise sur le gâteau étant le story-board complet et traduit fourni dans l'édition prestige. A ce stade, le livre Memories of Murder, l'Enquête aurait pu s'apparenter à un complément d'information prompt à satisfaire le plus curieux des cinéphiles. Il n'en est absolument rien, et l'ouvrage de Stéphane du Mesnildot est tout simplement indispensable.
Microhabitat, présenté dans la section Portrait, fut le vrai coup de cœur de cette édition 2018 du Festival du Film Coréen à Paris (FFCP). Un portrait sensible, drôle et tragique des jeunes adultes coréens porté par une magnifique héroïne.
Jin-Roh, la brigade des loups marque pour Oshii Mamoru un retour au fil rouge qui irrigue sa carrière, la saga Kerberos. Il s’y intéresse aux Kerberos Panzer Corps, une unité de soldat en armure dans un Japon futuriste totalitaire. Oshii développa cet univers dès ses débuts et sur différents supports : deux films live expérimentaux avec The Red Spectacles (1987) et Stray Dog Kerberos Panzer Cops (1991) et le manga Kerberos Panzer Cop publié entre 1988 et 2000. Jin-Roh était justement supposé adapter le premier volume du manga en film d’animation mais Oshii est débordé par le tournage de l’œuvre qui le consacrera à l’international, le classique cyberpunk Ghost in the Shell (1995). Il décide donc de confier le projet au jeune Okiura Hiroyuki, son très doué directeur d’animation sur Ghost in the Shell. Okiura, flatté, n’accepte la proposition qu’à condition de pouvoir réécrire le scénario et l’imprégner de sa sensibilité. L’un des changements majeurs sera donc l’histoire d’amour qui amène une tonalité différente à l’univers tortueux de Oshii Mamoru.
Après une incursion dans le genre de son ami Gareth Evans avec Headshot, Timo Tjahjanto est de retour à l’horreur, son domaine de prédilection, avec May The Devil Take You. Et si le diable vient vous chercher, c’est pour vous emmener en enfer, en suivant les traces de Sam Raimi.
En attendant sa sortie en salles le 7 novembre, retour sur The Spy Gone North, thriller d'espionnage sur fond de tension entre les deux Corées qui a doublement triomphé à L'Étrange Festival 2018 : le film de Yoon Jong-bin remportant à la fois le Grand prix et le prix du public (soit tous les prix possible pour un long-métrage), après avoir été présenté à Cannes Hors-Compétition.