2018 fut une année charnière pour Kore-Eda Hirokazu. Alors qu'il n'a plus rien à prouver sur la scène internationale, étant clairement reconnu comme un cinéaste majeur, tout du moins par la critique et le public le plus cinéphile, il se voit remettre le prix ultime : la Palme d'or à Cannes pour son film Une Affaire de famille. Un prix qui vient récompenser un film somme, qui brasse tous les thèmes chers à son réalisateur. Mais si cette récompense vient honorer un film, il vient aussi célébrer l'œuvre entière d'un réalisateur qui tourne depuis près de trente ans, au parcours passionnant et qui gagne à être connu autrement qu'en tant que spécialiste du thème de la famille. Et c'est ce que propose le livre justement Quand je tourne mes films, édité chez l'Atelier Akatombo. Une plongée dans le passé de Kore-Eda Hirokazu. Et qui de mieux placé pour en parler que le réalisateur lui-même ?
Le polar dans le cinéma coréen contemporain, c'est l'équivalent du film de zombie dans le cinéma fantastique. Soit un genre qui donne l'impression d'être usé jusqu'à la corde et dont on se demande, à chaque nouveau film, ce qu'il va bien pouvoir apporter de neuf et d'original, sur le fond ou sur la forme. C'est dans ce contexte que sort Le Gangster, le flic et l'assassin, thriller énervé réalisé par Lee Won-tae, qui, s'il n'a pas forcément les épaules ni l'ambition pour révolutionner le genre, fait preuve d'une énergie folle pour raconter une histoire balisée mais prenante et jouissive. Le film, sorti en salles cet été, est édité en DVD et Blu-Ray depuis le 2 décembre.
L’été 2019 est un été chargé en animation japonaise, puisque rien qu’en moins d’un mois, ce sont quatre films qui ont trouvé le chemin des salles obscures, Les Enfants de la mer, Wonderland, le royaume sans pluie, Promare et Le Mystère des Pingouins. Une sélection que l’on qualifiera de rafraîchissante à tous points de vue, autant sur la forme que sur le fond. Dernier arrivé en date, ce Penguin Highway, nom de l'oeuvre originale, échappée ludique et survoltée aux lisières du fantastique.
En 2014, Gareth Edward s'attelait à une tâche plutôt ardue : ressusciter de manière respectueuse le kaiju ultime, Godzilla, en essayant de faire oublier l'abomination de Roland Emmerich. Le résultat fut étonnant, aura su se montrer fidèle au matériau original, faisant de Godzilla un titan antédiluvien venu affronter les monstres menaçant sa suprématie. Le succès appelant forcément une suite, elle sort cette année avec Godzilla II - Roi des Monstres, et c’est au tour de Mike Dougherty de se lancer dans cette entreprise de destruction massive, pour un résultat inégal mais sincère.
Coupons court à tout espoir au cinéphile passionné de cinéma asiatique qui regarderait ce film, et s’attendrait à découvrir un nouveau chef-d’œuvre qui aurait mérité sa place sur grand écran au lieu atterrir directement sur Netflix. Jo Pil-Ho est une production que l’on qualifiera très poliment de standard. Un film loin d’être mauvais, mais dont l’absence totale de nouveauté, d’ambition ou d’enjeu quelconque finit par le faire basculer dans la catégorie "polar étranger", section coréenne, vite vu et aussi vite oublié.
Grâce à l’éditeur Damned, les cinéphiles les plus curieux ont la possibilité de (re)découvrir l’oeuvre de Shahram Mokri, réalisateur ô combien talentueux mais dont les films peinent à atteindre les salles obscures en dehors des festivals. Apres Fish and Cat sorti directement en DVD, il est désormais possible de se replonger dans le labyrinthe vertigineux d’Invasion, aux lisières du fantastique, sorti trop discrètement au cinéma et maintenant disponible en DVD et VoD.