Pour l'ouverture de L'Etrange Festival, c'est une étrange hybridation sino-italienne qui a accueilli les spectateurs, The Forbidden City de Gabriele Mainetti. Grand amateur de genre, il s'est déjà fait connaître avec son film de super-héros On l'appelle Jeeg Robot, qui avait fait sensation il y a quelques années. Cette fois, son désir était de réaliser un film de kung fu avec un actrice chinoise. Il en résulte un film très divertissant et efficace, mêlant intrigue familiale romaine et histoire de vengeance chinoise : une jeune femme experte en kung fu se rend à Rome pour défier des gangs et retrouver sa sœur disparue. Son arrivée va bouleverser la vie d'un restaurateur italien dont le père a fui avec sa maîtresse.
Pour cette 31e édition de L'Etrange festival, Adilkhan Yerzhanov revient avec 3 projets marquant une évolution dans son œuvre, avec un retour à une tonalité plus directement sombre, avec moins d'éléments complétement comiques. On peut qualifier Cadet de film d'horreur, même s'il reste profondément marqué par l'absurde qui est la marque de fabrique du réalisateur. Un jeune enfant, accusé d'être efféminé parce que ses cheveux sont trop longs, se retrouve la cible de bizutage dans une école militaire où sa mère vient enseigner l'histoire. Mais petit à petit, son comportement change, alors que des événements inquiétants se produisent.
Pour bien commencer l'année, les salles françaises accueillent un bien étrange animé distribué par Dissidenz, qui arrive en DVD et Blu-ray chez Blaq Out. Schirkoa était initialement un court-métrage de 15 min réalisé par le dessinateur indien Ishan Shukla, sur son temps libre quand il travaillait comme vidéaste pour un monastère, et le premier film d'animation indien à être retenu pour les Oscars. Après bien des péripéties, Schirkoa : la cité des fables est un long-métrage d'animation développant l'univers et l'histoire du court-métrage.
Présenté à la Berlinade, The Old Woman With The Knife de Min Kyu-dong a été sélectionné à L'Etrange Festival. Le réalisateur est surtout connu pour son chef d'œuvre Memento Mori. Son nouveau film s'inscrit dans le courant actuel des films d'organisations secrètes d'assassins, lointain descendants de La Marque du tueur. Cette fois, c'est une femme âgée, légende de la profession, qui va être confrontée à un jeune tueur obsédé par sa légende et à la corruption qui a gagné avec le temps son organisation.
En cette fin d'été, Carlotta Films nous propose de retrouver l'étrange film jumeau des Cendres du temps, La Légende de l'aigle chasseur de héros de Jeffrey Lau, l'un des plus célèbres exemples de mo lei tau, la comédie absurde cantonaise. Tourné en 1993, en parallèle du tournage du film de Wong Kar-wai et avec la même distribution, le film est une parodie du roman de chevalerie cher à Chang Cheh, La Légende des héros chasseurs d'aigles de Louis Cha. Pour simplifier beaucoup un scénario volontairement prétexte et confus, on pourrait dire qu'une princesse de Perse pourchassée par un maître d'arts martiaux diabolique qui en veut à son trône recrute plus ou moins volontairement des héros pour l'aider.
Dans le cadre de son exploration de la collaboration entre Tsui Hark et Jet Li, le label HK Vidéo a choisi de proposer leur tentative de jouer sur les codes du super-héros en 1996 avec Black Mask. Tsui Hark est ici le (très invasif) producteur et coscénariste, laissant la réalisation à Daniel Lee et la chorégraphie des scènes d'action à Yuen Woo-ping. Jet Li incarne Tsui Chik, un timide bibliothécaire qui combat secrètement le crime sous le nom de Black Mask, alors que les secrets de son passé commencent à ressurgir.