Mettre au monde un premier long-métrage, c'est dans le meilleur des cas tisser son héritage (ordonner sa filiation et offrir un legs), partager un regard inusité sur le monde, apporter sa pierre à un édifice électif et, surtout, ébaucher des lignes de fuite depuis soi jusqu'à des confins collectifs. Dans toute son apparente humilité et par-delà certains airs de "déjà-vu" iraniens, c'est ce que réussit le jeune Panah Panahi avec Hit The Road à travers cette comédie dramatique brillante, entre audaces et rituels.
Parmi la pléthore de films iraniens que propose MUBI se trouvent les premières réalisations d'Asghar Farhadi, dont La Fête du feu. Pour son 3ème film, l'auteur déploie une fois de plus une des thématiques fondamentales de son cinéma : la rumeur comme meurtrissure.
Après être passé par la Compétition du Festival de Cannes, en être ressorti auréolé du Prix du Scénario et avoir rencontré plus de 200 000 spectateurs en France (!), Drive My Car, 13e long-métrage de celui qui partage avec Fukada l'avant-scène du jeune cinéma nippon, sort en DVD et Blu-Ray. À l'occasion de sa sortie hors salles, (re)traversons cette fresque secrète, adaptation en mode mineur de Murakami Haruki, qui accouche d'un film absolument majeur !
Onna bakari no yoru, qu'on pourrait traduire par "Fille des ténèbres", est l'avant-dernier film de Tanaka Kinuyo. Adapté d'un scénario de Tanaka Sumie, romancière et scénariste de plusieurs Naruse (dont Le Repas et Derniers chrysanthèmes), ce portrait kaléidoscopique d'une certaine condition féminine à l'orée des années 60 permet à la cinéaste de basculer du cinéma de studio, duquel elle vient en tant qu'actrice, vers le réalisme cru de la Nouvelle Vague japonaise.
Passé par le Compétition du 71e Festival de Berlin, cette fable morale participe de l'assise du cinéma iranien au panthéon des meilleurs au monde ces derniers mois. Moins exposé que Le Diable n'existe pas (Ours d'Or - Berlin 2020), La Loi de Téhéran (Grand Prix et Prix de la Critique - Reims Polar 2021) ou Un Héros (Grand Prix - Cannes 2021), Le Pardon, disponible en DVD depuis le 1er février chez KMBO, offre pourtant à son duo d'auteurs l'occasion d'explorer, avec intimité, les limites juridiques consubstantielles à la peine de mort.
Le 28e Festival International des Cinémas d’Asie (FICA) s'est clôt mardi 8 février au Théâtre Edwige Feuillère de Vesoul. Au fil des 8 jours de cette première édition tenue après la pandémie du covid, se sont croisés dans les salles du Majestic et à la maison du FICA rien moins que l'Iranienne Leila Hamatai (Cyclo d'Or d'honneur & Présidente du Jury), le Japonais Fukada Koji (Cyclo d'Or d'honneur), l'Afghane Soraya Akhlaqi, le Cambodgien Kavich Neang et la Palestinienne Suha Arraf... Bâtant au rythme de ces artistes asiatiques s'est tenu un festival qui a célébré la liberté des individus à transcender les frontières.