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Cannes 2017 – Jour 1 : Entre attentes et polémiques

Posté le 17 mai 2017 par

Après plusieurs semaines d’impatience, à ronger notre frein en décortiquant la programmation, nous voilà prêts à dévorer une quarantaine de films durant les dix prochains jours ! L’excitation est à son comble pour entamer cette première journée de festival.

En attendant Arnaud Desplechin et ses Fantômes d’Ismaël qui ouvriront la quinzaine cannoise, on peut déjà dire que cette 70ème édition démarre sur les chapeaux de roue en termes d’actualité, puisque le Festival de Cannes a été, ces derniers mois, au cœur de deux polémiques. Il y a d’abord eu tout ce foin autour de l’affiche officielle, qui reprend une photo grossièrement retouchée de Claudia Cardinale, mais surtout, il y a eu (et il y a toujours) cet énorme imbroglio autour des films Netflix présentés en compétition, The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach et le très attendu Okja de Bong Joon-ho. Une négociation dure et âpre a lieu depuis quelques jours entre les boss de Netflix, les organisateurs du Festival et l’industrie du cinéma français. En cause, la sacro-sainte chronologie des médias qui rend difficile la possibilité d’une sortie simultanée des films sur Netflix et dans nos salles. Une solution aurait pu être trouvée pour une sortie salles limitée, comme aux Etats-Unis ou au Royaume Uni, mais la guerre des égos a pris le dessus et l’affaire paraît mal engagée, même si on espère encore une fin heureuse.

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Mais revenons quelques instants sur Okja. Le nouveau film de Bong Joon-ho sera sans aucun doute l’une des grosses attractions de la compétition.  On peut en tout cas se féliciter de voir un film de monstre sud-coréen concourir pour la Palme d’Or, et ce, même si son casting est international. Les premières images et l’affiche officielle promettent une fable voguant du côté de chez Spielberg et Miyazaki. Mais Bong Joon-ho ne sera pas le seul réalisateur coréen sur la Croisette. Les fans d’Hong Sang-soo seront aux anges puisqu’ils pourront voir ses deux nouveaux films : La Caméra de Claire, tourné avec Isabelle Huppert à Cannes l’année dernière pendant le Festival, et Le Jour d’après, dont le noir et blanc rappelle The Day He Arrives. De leur côté, Jung Byung-gil avec The Villainess et Byun Sung-hyun avec Sans pitié, dynamiteront les séances de minuit, chacun à leur manière. Le premier, déjà auteur de l’excellent Confession of Murder, glisse sur le terrain du film de vengeance tendance hard boiled, promettant des combats et des gunfights sauvages et ultraviolents, tandis que l’autre, adepte des comédies romantiques, s’essaye au film de gangsters classique, qui s’annonce néanmoins efficace et renversant, comme souvent chez les Sud-Coréens.

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La Corée du Sud aura une place prépondérante durant cette quinzaine, mais le Japon ne sera pas en reste, même si on aurait aimé voir plus de nouvelles têtes, plutôt que les éternels Naomi Kawase, Miike Takashi et Kurosawa Kiyoshi. Ce qui ne nous empêche pas d’attendre leurs nouveaux films respectifs avec impatience. On reste quand même fébrile avant de découvrir Blade of The Immortal, sachant que Miike et les adaptations de manga ces dernières années, à de rares exceptions près, c’est souvent très médiocre. Autre réalisateur très prolifique qui n’arrive pas tout le temps à garder le même niveau de qualité, Kurosawa, avec son nouveau long-métrage Avant que nous disparaissions, marche dans les pas de son dernier film cannois Vers l’autre rive. Kawase, elle, continue d’explorer un cinéma plus solaire. Son film Vers la lumière sera sans doute un des moments d’apaisement du festival. On pourra également apprécier, à la Semaine de la Critique, le très beau premier long-métrage de la réalisatrice Hirayanagi Atsuko, adapté de son propre court éponyme. Co-produit avec les Etats-Unis (notamment la célèbre paire Adam McKay/Will Ferrell), Oh Lucy! regroupe des acteurs de différents horizons, comme Terajima Shinobu et Josh Hartnett.

On a à peu près fait le tour des grosses attentes de l’édition 2017, même si on jettera un œil curieux sur le seul représentant asiatique de la Quinzaine des Réalisateurs, Marlina the Murderer in Four Acts de la réalisatrice indonésienne Mouly Surya, ou encore sur le film chinois Passage vers le futur de Li Ruijin, arrivé de dernière minute dans la section Un Certain Regard, et ce, malgré l’ennui poli provoqué par Fly with the crane du même réalisateur.

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On sera donc bien occupé durant les dix prochains jours, et vous pourrez consulter nos avis sur East Asia de différentes manières : un carnet de bord quotidien qui portera sur un ou plusieurs films, les podcannes, une série de podcasts qui seront en ligne chaque jour à partir de samedi, et pour finir, le tableau des étoiles, dans lequel vous pourrez consulter mon avis, celui de Victor Lopez (dont vous retrouverez également les articles sur Japan LifeStyle), celui de Kephren Montoute (dont vous retrouverez également les articles sur Ciné-Asie), ainsi que les avis de prestigieux guests comme Gaël Martin de Cinématraque, Victor Teta du Black Movie, Bastian Meiresonne du FICA de Vesoul, Carole Milleliri de ClapMag et Vincent Malausa des Cahiers du Cinéma. Un plateau de stars que même Le Film Français nous envie.

On rentre dans le vif du sujet demain avec notre avis détaillé sur Oh Lucy! et la projection du Miike.

Nicolas Lemerle

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