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BIFFF – Rurouni Kenshin d’Ohtomo Keishi : entre manga live spectaculaire et chanbara crépusculaire

Posté le 28 mars 2015 par

Le Brussels Intarnational Fantastic Films Festival, cuvée 2015, offre la grande surprise de diffuser les les deux suites de l’excellent Rurouni Kenshin, ce premier film ayant été diffusé l’année précédente. Pour saluer l’arrivée des deux chanbara, petit retour sur la critique de cet excellent film

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Derrière ce titre mystérieux se cache d’abord un célèbre manga écrit par Watsuki Nobuhiro, qui fut adapté en série animée puis en métrage d’animation, ainsi que deux séries d’OAV, racontant entre autres le passé du personnage principal. Voici qu’arrive à présent, grâce à Ohtomo Keishi, le film live. Etant donné la difficulté d’adapter un manga en film, il est logique que le réalisateur, qui a beaucoup œuvré dans le domaine de la série télévisée avant de se lancer dans cette aventure, soit attendu au tournant.

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L’histoire qui nous est racontée est des plus classique dans l’univers codé du chanbara. Notre héros, Kenshin, est joué par Takeru Sato, qui parvient à donner à son personnage la profondeur qui lui est nécessaire, avec un mélange de jeunesse, d’innocence, et de culpabilité étouffante. Il pourrait être un compatriote de Zatoichi car il est un ancien assassin (effroyablement doué) qui, au passage à l’ère moderne (en 1868), a disparu pour devenir un vagabond, ayant décidé de ne plus jamais tuer, et utilisant pour se faire un « sabre inversé », dont le côté tranchant est dirigé vers son porteur, et non vers son adversaire. Dix ans plus tard, il arrive à Tokyo, ville dirigée par un puissant criminel rêvant d’inonder le Japon d’opium surpuissant (« aujourd’hui le Japon, et demain le monde ! » ricane-t-il devant ses subordonnés) et, en voulant défendre une jeune femme essayant tant bien que mal de protéger le dojo que lui a légué son père, Kenshin va devoir contrecarrer le vil mécréant.

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Derrière cette histoire simple, le film délivre une critique intéressante du passage à l’ère moderne au Japon, et de la déchéance des samouraïs qui, incapables de pouvoir s’adapter à ce nouveau monde, rempli de paix et d’armes à feux, doivent mendier, devenir brigands ou hommes de mains pour survivre. Certes, nous sommes loin d’Hara-Kiri, mais le traitement est intéressant, grâce à une histoire très bien écrite. Le message, bien que prévisible et plein de bons sentiments, est passionnant, et empli d’une certaine philosophie, la plupart des personnages ayant une manière bien à eux d’appréhender la vraie nature d’un sabre, l’utilité de se battre, et la manière de le faire.

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Mais Rurouni Kenshin est aussi l’adaptation d’un manga plein de bruits et de fureur. Les affrontements sont ainsi passionnants et très bien chorégraphiés (et les acteurs, d’excellents artistes martiaux), et le final délicieusement outrancier (on pense facilement à Azumi). À cela s’ajoutent une superbe photographie et des méchants délicieux. Entre leur chef, qui frise le ridicule malsain, et ses lieutenants, sadiques, sauvages et utilisant des techniques très différentes, le spectateur découvre des combats très variés mais passionnants. Et il ne faut pas oublier une touche d’humour bienvenue (deux protagonistes, combattant à mains nues dans une cuisine, s’arrêtent le temps de casser une petite graine), des bons sentiments, de l’amitié, de l’amour, et Rurouni Kenshin se révèle être un film de haute volée, dénué d’ennui malgré sa longueur.

 

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