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Critique de Bunny Drop de Sabu (Festival Kinotayo)

Posté le 15 décembre 2012 par

Film d’ouverture de la septième édition du Festival Kinotayo, Bunny Drop de Sabu est l’adaptation du manga publié en France sous le titre Un drôle de père. Une comédie familiale sur un jeune actif dont la vie change du jour au lendemain quand il devient le tuteur d’une jeune fille de six ans. Par Marc L’Helgoualc’h.

Résumé : Alors qu’il se rend aux funérailles de son grand-père, Daikichi, célibataire de 27 ans, apprend que ce dernier avait eu, dans les dernières années de sa vie, une relation avec une jeune femme. De cet amour est née une petite fille, Rin, désormais âgée de six ans. Rin est la fille du grand-père de Daikichi (et donc sa tante !), mais aucun membre de la famille ne veut s’occuper de l’orpheline. Touché par la triste situation de la jeune fille, Daikichi décide de la prendre en charge. Une nouvelle vie commence alors pour le jeune homme qui doit s’improviser « père » du jour au lendemain.


Bunny Drop par Kinotayo

Adapté du manga Un drôle de père de Yumi Unita, Bunny Drop est une comédie grand public qui a plutôt bien fonctionné à sa sortie en 2011, en rapportant près de 100 millions de yens (soit presque 1 million d’euros). Le film met en scène le duo Matsuyama Ken’ichi (Daikichi) et la très jeune Ashida Mana (Rin) – cette dernière joue la fillette tuée dans Confessions de Nakashima Tetsuya. Ces deux acteurs sont plutôt convaincants, le premier alternant sobriété et humour, la seconde se contentant d’être kawaï. Plusieurs personnages secondaires sont également bien joués, comme la sœur et les parents, un peu exubérants, de Daikichi.

Malgré cela, le film connaît des trous d’air et des passages ennuyeux ou peu convaincants, notamment vers la fin, avec une scène « dramatique » où les effusions lacrymales sont vraiment excessives et pénibles. Une coupe de vingt minutes n’aurait pas été de trop pour resserrer l’intrigue du film. D’autant que d’autres intrigues auraient mérité un traitement plus approfondi : la relation entre Daikichi et ses collègues de travail, et surtout le béguin de Daikichi pour une mère veuve et mannequin. Qui plus est, la femme en question n’est autre que le fantasme de Daikichi qui s’imagine à plusieurs reprises vivre à ses côtés des scènes de film façon Humphrey Bogart / Lauren Bacall. Le film préfère privilégier l’amour « père / fille ».

Ashida Mana (Rin) et son « papa » Matsuyama Ken’ichi.

La mise en scène de Bunny Drop manque d’audace. Surtout pour qui connaît un peu Sabu, réalisateur de talent qui sait tirer profit de budgets limités. Fini le minimalisme fauché de Dangan Runner (excellent premier film de Sabu) ou la lenteur contemplative de The Blessing Bell (sixième film de Sabu, muet pendant les vingt premières minutes). Tout cela est donc un peu fade. Ni bon ni mauvais. Le film se regarde comme n’importe quelle comédie grand public ou un match de foot de Ligue 1. On en attend beaucoup et on regarde tranquillement. À la fin, on est un peu déçu mais on sait bien qu’on regardera encore ce genre de films. Parce qu’on ne sait jamais, sur un malentendu une bonne surprise peut arriver.

Marc L’Helgoualc’h

Verdict : Bunny Drop est une comédie familiale qui se laisse regarder mais qui n’offre rien de transcendant. À conseiller en priorité aux jeunes parents qui veulent sortir leur petite fille au cinéma.

Le film sera projeté le 19 janvier à 17h30 à la Maison de la Culture du Japon à Paris.

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