C’est sans doute un record : cette année, 70 films ont été cités dans les TOP 10 individuels, prouvant aussi bien la vitalité du cinéma contemporain que son éclatement. La multiplication de ses modalités de visionnage (festivals, plateformes, sorties vidéo, rétrospectives…) crée nécessairement une fragmentation des choix de chacun. Le top de l’année devient donc avant tout une invitation à la découverte, et se présente plus comme une exploration des possibles cinématographiques de l’année qu’un véritable bilan. Cependant, c’est encore la salle qui permet le mieux d’éclairer un consensus sur une petite poignée de films, aussi bien parce qu’ils sont les plus importants de l’année que les plus vus collectivement. Mais deux films seulement émergent sans ambiguïté de notre classement : Resurrection de Bi Gan, souvent haut placé dans les listes où il est cité, et Cloud de Kurosawa, le titre le plus cité (on peut ajouter à ce duo qui fait l’unanimité la fresque de Wang Bing, qui aurait été en 3e place du podium si Jeunesse n’avait pas été divisé en 2 parties, scindant ses points au lieu de les additionner). Soit la confirmation de l’importance d’un cinéaste que nos pages soutiennent depuis le début, et celle de la vitalité de celui que l’on peut maintenant considérer comme un grand maître. Derrière ces deux films indispensables, il en reste 68 à voir.
Pour bien commencer l'année, les salles françaises accueillent un bien étrange animé distribué par Dissidenz. Schirkoa était initialement un court-métrage de 15 min réalisé par le dessinateur indien Ishan Shukla, sur son temps libre quand il travaillait comme vidéaste pour un monastère, et le premier film d'animation indien à être retenu pour les Oscars. Après bien des péripéties, Schirkoa : la cité des fables est un long-métrage d'animation développant l'univers et l'histoire du court-métrage.
En ouverture de sa 18ème édition, le festival Kinotayo a projeté Happyend de Neo Sora, un film d'anticipation dans lequel la surveillance de masse rencontre les errances de l'adolescence et la réalité des discriminations. Un mélange parfaitement équilibré de légèreté et d'appréhension qui mérite qu'on s'y attarde.
Du 28 août au 7 septembre 2024 se déroulera la 81ème Mostra de Venise. Comme tout rendez-vous incontournable du cinéma mondial, les diverses sélections comportent des films des cinémas d'Asie. Faisons le point sur l'annonce faite par les instances du Festival.
Le cinéaste philippin Lav Diaz est connu pour ses très longs films méditatifs, difficilement exploitables dans les circuits grand public. Il ne faut pas oublier que Lav Diaz a commencé sa carrière de réalisateur à la fin des années 1990 pour la société de production Regal Films, avec quatre œuvres bien plus conventionnelles. Compromis commerciaux ou brouillons des œuvres à venir : que valent ces films ?
Quand les vagues se retirent, le dernier travail de l'immense Lav Diaz, est sorti en DVD le 5 décembre 2023. En partenariat avec l'éditeur Epicentre Films, nous vous proposons de gagner votre exemplaire !