Le cinéma indonésien a été mis à l’honneur à plusieurs reprises lors de cette 32e édition de l’Étrange Festival. Parmi la sélection, Ikatan Darah, réalisé par Sidharta Tata, proposait un spectacle ô combien sanglant, jubilatoire et digne des conditions de projection de la salle 500 du Forum des Images.
L’Étrange Festival a peut-être trouvé son titre le plus polémique de l'année au Kazakhstan, avec Sicko d'Aitore Zholdaskali. Violent, sciemment mal aimable et profondément outrancier, le film décide d'explorer une relation toxique dans un mélange volontairement problématique de comédie noire et de drame, en nous racontant l'histoire d'un petit escroc qui, pour rembourser ses dettes, essaie de faire passer sa femme pour atteinte d'un grave cancer, passablement avancé.
Parmi sa sélection asiatique, l’Étrange Festival 2026 a choisi de présenter le blockbuster de nouvel an à effets spéciaux taïwanais de l'année, Kung Fu de Giddens Ko, inspiré de son propre roman de 2001. Sur le fond, il s'agit d'un récit d'origine de super héros classique, mais sur la forme c'est un véritable chant d'amour aux films d'arts martiaux sous toutes leur forme, dans toutes leurs folies et excès. Un excentrique sans domicile fixe décide de faire de deux lycéens losers mais gentils les héritiers de sa secte martiale, et bien sûr, ils sont bientôt confronté à la noirceur du monde et à leur rapport à la chevalerie.
Parmi les films coréens montrés lors de ce 31e Etrange Festival, il en est un qui se distingue par son incongruité : The Last Woman On Earth de Lee Jong-min et Yeun Moon-kyong. Au milieu d'une production coréenne connue pour son goût de la maîtrise parfois jusqu'à s'en corseter, le film de ce duo se veut résolument libre et rebelle, conscient de ses limites mais les assumant pleinement. C'est un film éminemment réjouissant sur un sujet pourtant sérieux : ce que des réalisateurs s'autorisent au nom du cinéma. Dans un cours d'écriture de scénario, un jeune homme pas tout à fait déconstruit se rapproche d'une jeune fille aux cheveux bleus qui écrit un film de science fiction nihiliste et qualifié de misandre.
Pour l'ouverture de L'Etrange Festival, c'est une étrange hybridation sino-italienne qui a accueilli les spectateurs, The Forbidden City de Gabriele Mainetti. Grand amateur de genre, il s'est déjà fait connaître avec son film de super-héros On l'appelle Jeeg Robot, qui avait fait sensation il y a quelques années. Cette fois, son désir était de réaliser un film de kung fu avec un actrice chinoise. Il en résulte un film très divertissant et efficace, mêlant intrigue familiale romaine et histoire de vengeance chinoise : une jeune femme experte en kung fu se rend à Rome pour défier des gangs et retrouver sa sœur disparue. Son arrivée va bouleverser la vie d'un restaurateur italien dont le père a fui avec sa maîtresse.
Pour cette 31e édition de L'Etrange festival, Adilkhan Yerzhanov revient avec 3 projets marquant une évolution dans son œuvre, avec un retour à une tonalité plus directement sombre, avec moins d'éléments complétement comiques. On peut qualifier Cadet de film d'horreur, même s'il reste profondément marqué par l'absurde qui est la marque de fabrique du réalisateur. Un jeune enfant, accusé d'être efféminé parce que ses cheveux sont trop longs, se retrouve la cible de bizutage dans une école militaire où sa mère vient enseigner l'histoire. Mais petit à petit, son comportement change, alors que des événements inquiétants se produisent.