Auréolé du Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes 2025, Fantôme utile de Ratchapoom Boonbunchachoke est une véritable révélation, une œuvre de cinéma qui mélange les genres - film de fantôme, comédie satirique, romance, thriller violent - de telle que sorte qu'à chaque coin de pellicule, nous ne savons pas dans quelle monde nous allons. Long-métrage queer et anticapitaliste, il est projeté au Festival Black Movie 2026 de Genève.
La collection Classics de Roboto Films s'agrandit d'un petit morceau d'histoire du cinéma japonais, jusqu'alors inédit en haute définition dans le monde entier : Theater of Life, un diptyque signé Sawashima Tadashi, sorti sur les écrans japonais en 1963 et chez nous en Blu-ray en novembre 2025. Énorme succès sur l'archipel, il est considéré comme le premier ninkyo eiga, littéralement, "film de chevalerie", un mouvement cinématographique mettant en avant le code d'honneur des yakuzas dans un esprit de traditions.
Miyake Sho continue dans Jusqu’à l’aube son observation et son étude de la jeunesse active japonaise, entre les tribulations émotionnelles des corps fragiles, les amitiés impromptues et un monde du travail anesthésiant. C'est en salles chez Art House.
Abel est le premier long métrage d'Elzat Eskendir, réalisateur kazakhstanais. Longtemps scénariste et monteur pour le studio national Kazakh Film, il consacre son premier film en tant que scénariste, monteur et réalisateur à une chronique sociale, écho de la grande histoire sur les histoires individuelles. C'est en salles chez Damned Distribution.
C’est sans doute un record : cette année, 70 films ont été cités dans les TOP 10 individuels, prouvant aussi bien la vitalité du cinéma contemporain que son éclatement. La multiplication de ses modalités de visionnage (festivals, plateformes, sorties vidéo, rétrospectives…) crée nécessairement une fragmentation des choix de chacun. Le top de l’année devient donc avant tout une invitation à la découverte, et se présente plus comme une exploration des possibles cinématographiques de l’année qu’un véritable bilan. Cependant, c’est encore la salle qui permet le mieux d’éclairer un consensus sur une petite poignée de films, aussi bien parce qu’ils sont les plus importants de l’année que les plus vus collectivement. Mais deux films seulement émergent sans ambiguïté de notre classement : Resurrection de Bi Gan, souvent haut placé dans les listes où il est cité, et Cloud de Kurosawa, le titre le plus cité (on peut ajouter à ce duo qui fait l’unanimité la fresque de Wang Bing, qui aurait été en 3e place du podium si Jeunesse n’avait pas été divisé en 2 parties, scindant ses points au lieu de les additionner). Soit la confirmation de l’importance d’un cinéaste que nos pages soutiennent depuis le début, et celle de la vitalité de celui que l’on peut maintenant considérer comme un grand maître. Derrière ces deux films indispensables, il en reste 68 à voir.
En 2025, grâce à l'éditeur Roboto Films, il avait été possible de découvrir la trilogie Gamera : les années Heisei, résurrection moderne du mythe de Gamera, le célèbre kaiju. Cette année, via un coffret réunissant trois films, la découverte de l'univers Gamera se poursuit avec une première trilogie de l'ère Showa, véritable acte de naissance de la célèbre tortue géante à propulsion.