En cette fin d'été, Carlotta Films nous propose de retrouver l'étrange film jumeau des Cendres du temps, La Légende de l'aigle chasseur de héros de Jeffrey Lau, l'un des plus célèbres exemples de mo lei tau, la comédie absurde cantonaise. Tourné en 1993, en parallèle du tournage du film de Wong Kar-wai et avec la même distribution, le film est une parodie du roman de chevalerie cher à Chang Cheh, La Légende des héros chasseurs d'aigles de Louis Cha. Pour simplifier beaucoup un scénario volontairement prétexte et confus, on pourrait dire qu'une princesse de Perse pourchassée par un maître d'arts martiaux diabolique qui en veut à son trône recrute plus ou moins volontairement des héros pour l'aider.
Dans le cadre de son exploration de la collaboration entre Tsui Hark et Jet Li, le label HK Vidéo a choisi de proposer leur tentative de jouer sur les codes du super-héros en 1996 avec Black Mask. Tsui Hark est ici le (très invasif) producteur et coscénariste, laissant la réalisation à Daniel Lee et la chorégraphie des scènes d'action à Yuen Woo-ping. Jet Li incarne Tsui Chik, un timide bibliothécaire qui combat secrètement le crime sous le nom de Black Mask, alors que les secrets de son passé commencent à ressurgir.
Le label HK Vidéo choisit cet été de se pencher sur une partie méconnue de l'œuvre du Film Workshop, avec les premiers regards appuyés de Tsui Hark et Jet Li au cinéma américain. The Master, film tourné avant Il était une fois en Chine mais sorti uniquement après le succès de celui-ci, représente l'une des premières tentatives du cinéaste d'hybrider son cinéma pour associer les codes du cinéma d'action hongkongais au cinéma américain. Tourné en 1989 mais sorti en 1992, ce film raconte l'histoire simple d'un champion d'art martiaux débarquant aux États-Unis pour venir au secours de son maître, victime d'un gang visant la suprématie dans le domaine des arts du combat, à la façon des personnages de Chang Cheh transposés dans la Californie du XXe siècle.
Roboto Films continue son exploration du patrimoine du cinéma japonais avec un film atypique de 1962 de la Daiei : The Whale God de Tokuzo Tanaka (déjà mis à l'honneur avec Snow Woman), scénarisé par le légendaire Kaneto Shindo. A mi chemin entre le film de monstre et le drame métaphysique, cette relecture de Moby Dick présente l'histoire de l'île d'Hirado, dont la population de pêcheurs combat en vain, de génération en génération, le "Dieu baleine". Alors que le doyen de l'île propose la main de sa fille et ses biens à l'homme qui tuera la bête, Shaki, survivant d'une famille de harponneur décimée par le monstre, et Kishu, un mystérieux vagabond, revendiquent l'honneur d'être celui qui affrontera le monstre.
Pour clore sa 16e édition, le Festival du Cinéma Chinois de Paris a présenté Arc en ciel dans la steppe de Ning Jingwu, film de 2003 situé dans la steppe mongole, narrant la vie d'une vétérinaire et de son assistant dans la steppe.
Réalisateur du célèbre Couvent de la bête sacrée, Suzuki Norifumi est un cinéaste très prolixe, grande figure de la Daiei, dans des films de genres très différents. Le Chat qui fume a choisi de présenter son unique film pour la Nikkatsu, le très sulfureux Star of David : Vices et Sévices (connu aussi sous le nom de Beautiful Girl Hunter et de Vices et Sévices).