Jafar Panahi a décroché avec Un simple accident la Palme d'Or en 2025, couronnant ainsi 30 ans de cinéma indépendant en opposition au pouvoir en Iran. Le film est projeté dans nos salles dès ce mercredi via Memento, et il représentera la France aux Oscars.
Le dernier projet d'Adilkhan Yerzhanov présenté lors de l’Étrange Festival n'est pas un troisième film à proprement parler, c'est la compilation des trois premiers épisodes d'une série de dix épisodes, Kazakh Scary Tales, exploration du folklore de son pays, qui sera diffusée au Kazakhstan sur la plateforme de streaming Freedom Media et dont le lancement est prévu pour la mi-octobre. C'est un récit policier sur un enquêteur acharné qui essaye de découvrir les origines de phénomènes mystérieux qui se déroulent à Karatas, la ville où se déroule la majorité des films du réalisateur, luttant à la fois contre le surnaturel et la pesanteur des institutions, épaulé par une médium et un médecin légiste.
L'un des événements patrimoniaux de la 31e édition de L'Etrange Festival était la découverte de la restauration d'un étonnant montage de Black Magic with Buddha (parfois plus connu sous le nom de Nao Mo) de Lo Lieh. Destinée à l'Asie du Sud Est, cette version tente d'être respectueuse des croyances et légendes de la région, transformant le ton du film en expurgeant une bonne partie de sa dimension comique. Dans toute les versions, la trame reste la même : un homme à l'éthique douteuse rapporte d'une expédition le cerveau d'une momie et décide de forger un pacte faustien avec lui pour obtenir la richesse.
Parmi les films coréens montrés lors de ce 31e Etrange Festival, il en est un qui se distingue par son incongruité : The Last Woman On Earth de Lee Jong-min et Yeun Moon-kyong. Au milieu d'une production coréenne connue pour son goût de la maîtrise parfois jusqu'à s'en corseter, le film de ce duo se veut résolument libre et rebelle, conscient de ses limites mais les assumant pleinement. C'est un film éminemment réjouissant sur un sujet pourtant sérieux : ce que des réalisateurs s'autorisent au nom du cinéma. Dans un cours d'écriture de scénario, un jeune homme pas tout à fait déconstruit se rapproche d'une jeune fille aux cheveux bleus qui écrit un film de science fiction nihiliste et qualifié de misandre.
Pour l'ouverture de L'Etrange Festival, c'est une étrange hybridation sino-italienne qui a accueilli les spectateurs, The Forbidden City de Gabriele Mainetti. Grand amateur de genre, il s'est déjà fait connaître avec son film de super-héros On l'appelle Jeeg Robot, qui avait fait sensation il y a quelques années. Cette fois, son désir était de réaliser un film de kung fu avec un actrice chinoise. Il en résulte un film très divertissant et efficace, mêlant intrigue familiale romaine et histoire de vengeance chinoise : une jeune femme experte en kung fu se rend à Rome pour défier des gangs et retrouver sa sœur disparue. Son arrivée va bouleverser la vie d'un restaurateur italien dont le père a fui avec sa maîtresse.
Pour cette 31e édition de L'Etrange festival, Adilkhan Yerzhanov revient avec 3 projets marquant une évolution dans son œuvre, avec un retour à une tonalité plus directement sombre, avec moins d'éléments complétement comiques. On peut qualifier Cadet de film d'horreur, même s'il reste profondément marqué par l'absurde qui est la marque de fabrique du réalisateur. Un jeune enfant, accusé d'être efféminé parce que ses cheveux sont trop longs, se retrouve la cible de bizutage dans une école militaire où sa mère vient enseigner l'histoire. Mais petit à petit, son comportement change, alors que des événements inquiétants se produisent.