Le très alléchant Mag Mag a donc ouvert le bal de la compétition du PIFFF 2025. Ce premier film de Yuriyan Retriever, idol et humouriste (aperçue notamment au télécrochet America’s Got Talent) est aussi la première production long-métrage du studio K2, nouveau venu dans le paysage cinématographique nippon et ayant de grandes ambitions. Décidément bien accompagnée, elle réalise ce film signé Naito Eisuke, connu aussi bien pour ses réalisations tordues que pour ses scénarios géniaux.
L’Homme-boîte, dernier long-métrage d’Ishii Gakuryu en date (Electric Dragon 80.000V), a été diffusé à la Maison de la Culture du Japon (MCJP) en exclusivité, dans le cadre de leur focus autour de l’écrivain Abe Kobo. L’adaptation du roman éponyme de l’auteur ne date pas d’hier ; il s’agit d’un projet de longue date pour Ishii et qui n’a malheureusement jamais pu voir le jour à l’époque où l’écrivain et le cinéaste s’étaient accordés sur une adaptation filmique. Il faut donc saluer l’initiative de la MCJP qui nous a permis de découvrir, dans les meilleures conditions possibles, ce petit bijou brut d’Ishii qui, du haut de ses 67 ans, n’a rien perdu de sa vitalité et de sa fureur.
Dernier focus sur le Vietnam, lors du festival Si loin, si proche. Cette seconde séance de courts-métrages se trouve à la hauteur de la première. Toujours aussi variée et audacieuse, la sélection fait se côtoyer le cinéma du réel le plus rance à la comédie décomplexée, en passant par le film surréaliste absurde et la tranche de vie.
Park Hoon-jung est une figure du cinéma coréen à la carrière inégale. Capable du meilleur comme du pire, il nous livre avec The Childe une œuvre totalement hallucinée, aussi régressive que jouissive, ne prenant du thriller que son apparence pour y extirper plutôt une comédie noire furieuse et absurde. Il n'y avait donc pas de meilleur choix pour l'ouverture de cette 29e édition de L'Étrange Festival que ce film amenant l'image de cinéma aux confins de la bêtise carnavalesque.