C’est sans doute un record : cette année, 70 films ont été cités dans les TOP 10 individuels, prouvant aussi bien la vitalité du cinéma contemporain que son éclatement. La multiplication de ses modalités de visionnage (festivals, plateformes, sorties vidéo, rétrospectives…) crée nécessairement une fragmentation des choix de chacun. Le top de l’année devient donc avant tout une invitation à la découverte, et se présente plus comme une exploration des possibles cinématographiques de l’année qu’un véritable bilan. Cependant, c’est encore la salle qui permet le mieux d’éclairer un consensus sur une petite poignée de films, aussi bien parce qu’ils sont les plus importants de l’année que les plus vus collectivement. Mais deux films seulement émergent sans ambiguïté de notre classement : Resurrection de Bi Gan, souvent haut placé dans les listes où il est cité, et Cloud de Kurosawa, le titre le plus cité (on peut ajouter à ce duo qui fait l’unanimité la fresque de Wang Bing, qui aurait été en 3e place du podium si Jeunesse n’avait pas été divisé en 2 parties, scindant ses points au lieu de les additionner). Soit la confirmation de l’importance d’un cinéaste que nos pages soutiennent depuis le début, et celle de la vitalité de celui que l’on peut maintenant considérer comme un grand maître. Derrière ces deux films indispensables, il en reste 68 à voir.
Parmi les rétrospectives proposées cette année par le Festival des 3 Continents, celle sur l’âge d’or du cinéma sri-lankais a particulièrement retenu notre attention. Douze films allant de 1963 à 2008 étaient projetés, dont deux de Sumitra Peries et trois de son mari Lester James Peries. Qui était ce couple qui a révolutionné le paysage cinématographique du pays ? Focus.
Tsai Ming-liang est un auteur du médium cinématographique qui intéresse les critiques et les commentateurs depuis le début de sa carrière. Cet engouement est presque étonnant, tellement ses partis-pris radicaux, que ce soit l'extrême lenteur du rythme de ses films ou la présence de séquences transgressives entourées d'autres parfois ridicules, vont à rebours de toutes nos habitudes. Son œuvre, très volontiers unanimement qualifiée d’insaisissable, n'a pas connu d'analyse livresque française dédiée depuis les années 1990. Matthieu Kolatte réalise une étude surpuissante de son œuvre aux éditions Mimesis, à travers un ouvrage intitulé Le cinéma de Tsai Ming-liang - le rêve, le réel et l'humain.
Les trois films de la "trilogie de la lame" de Misumi Kenji ressortent au cinéma chez The Jokers Films : Tuer (1962), Le Sabre (1964) et La Lame diabolique (1965). Trois films d’une grande modernité qui mettent à mal le bushido, le code des principes moraux des guerriers japonais.
Quelques réflexions sur le cinéma d'Iwai Shunji, son esthétique et ses thématiques. Depuis la fin des années 1980, le réalisateur, scénariste, producteur, compositeur et romancier japonais enchaîne les projets dont certains ont façonné une image du romantisme contemporain, diffus en Asie. C'est aussi un portraitiste de désaxés en lutte avec leurs démons intérieurs, des funambules qui dansent au-dessus du monde extérieur — vide.
Le cinéma birman était à l'honneur de la 31è édition du Festival international des cinémas d'Asie de Vesoul (FICA), avec la projection de près de 30 courts et longs métrages et l'organisation d'une table ronde avec les réalisateurs The Maw Naing et Maung Sun. Comment se porte le cinéma birman ?