À l'occasion de la sortie de son prochain film I Wish le 11 avril 2012 et de la rétrospective qui lui est dédiée au FICA de Vesoul, retour sur un cinéaste qui, depuis plus de quinze ans, filme la déchirure de la séparation et l'espoir des retrouvailles. Par Fabien Alloin.
Des 25 films sortis entre 1962 et 1973, Wild Side a terminé en 2006 la réédition de 14 titres essentiels de l'épopée Zatoichi. De la vingtaine d’heures passées à marcher à côté d'un mythe, il reste la mélancolie d'un voyage cinéphile partagé avec des silhouettes, des couleurs et le visage d'un ami, Katsu Shintarō. Souvenir d'un voyage à l'occasion de la reédition des films en coffret ! Par Fabien Alloin.
Au milieu d’un paysage désertique, un homme traîne les pieds. La caméra le suit pendant qu’il longe un mur gigantesque et une fois arrivée au bout, s’arrête avec lui. Le noir et blanc glacial de la photographie et l’horizon sans relief qui se dessine extrait l’image de toute réalité. L’homme s’adosse au mur, regarde à droite et à gauche jusqu’à ce qu’une légende s’incruste à l’écran : il est devant la Grande Muraille de Chine. Par Fabien Alloin.
Outrage , “la grosse daube nippone” de Kitano. L’intitulé de la page web du Figaro pendant le Festival de Cannes de 2010 peut sembler renvoyer au souvenir d’une ancienne déclaration du cinéaste. Beat Takeshi, Lion d’or à la Mostra de Venise en 1997, pour Hana-Bi, Lion d’Argent en 2003 pour Zatoichi , confessant, pour la plaisanterie, vouloir continuer à réaliser des films jusqu’à ce que les italiens les détestent. Au vu de la réception d’ Outrage (2010) à Cannes et dans la presse par la suite, le cinéaste est en train de réussir son entreprise de démolition: on commence doucement à le détester. Par Fabien Alloin.
Des dizaines de jeunes filles dans le métro de Tokyo. Leurs rires se mêlent au brouhaha général et le gris des murs, la morosité ambiante du lieu s'efface pour laisser place à leurs jeux, à la fraicheur de leurs visages et l'innocence de leurs tenues d'écolières. Elles parlent entre elles, s'amusent. Sur le chemin du collège ou de leur maison, elles sont là et de sourire en sourire, une impression de malaise s'empare de nous. Tout cela sonne faux. Comme une mauvaise représentation théâtrale, rien ne semble naturel ; les attitudes sont surjouées. Le métro s'approche et elles s'avancent toutes au bord du quai. Il arrive à la station et hurle quand elles commencent à compter, main dans la main. À trois, quand elles se jettent sur les rails, les murs deviennent écarlates, les passants éclaboussés. L'écran titre apparaît. À travers cette première scène de Suicide Club (2002), Sono Sion vient de faire une entrée fracassante en Occident. Entre 2002 et 2010 Sono Sion réalisera sept films et gagnera de nombreuses récompenses dans les divers festivals où il sera convié. Aucun de ses films ne sera distribué en France au cinéma et très rares seront les sorties DVD - seul Suicide Club et Noriko's dinner table en 2008 - . Quelle que soit l'expérience, euphorique - Love Exposure (2008)-, aérienne – Hazard (2005) - ou physiquement éprouvante - Strange circus (2005), elle sera donc aussi, forcément illégale. Par Fabien Alloin.
A l’occasion de la présence de Kurosawa Kiyoshi au Louvre, dans le cadre de l’exposition Revenants. Images, figures et récits du retour des morts, retour sur une filmographie d’une solitude fantomatique.