Na Hong-jin signe enfin son grand retour avec Hope, impressionnant blockbuster fantastique auquel il manque peut-être juste la touche d’émotion et de profondeur de ses opus précédents.

Alors que les secours sont mobilisés ailleurs et que toute communication est interrompue, les habitants de Hope doivent faire face seuls à une menace grandissante. Tandis que certains tentent de protéger le village, d’autres s’aventurent dans la montagne… mais deviennent à leur tour des proies. L’ignorance et la peur déclenchent une spirale incontrôlable aux conséquences dévastatrices.
Après nous avoir glacé dans The Chaser, ému dans The Murderer et littéralement tétanisé dans l’incroyable The Strangers, Na Hong-jin est entré dans un long hiatus de dix ans. L’attente était donc immense avec Hope, qui le voit cette fois s’orienter vers un blockbuster fantastique spectaculaire opposant d’étranges créatures aux habitants d’un modeste village coréen. La première heure est à ce titre haletante et impressionnante, véritable jeu de chat et de souris dans les décombres du village où une créature a fait un massacre.

Les ruptures de ton typiques du cinéma coréen fonctionnent à plein, nous faisant passer de l’effroi à l’hilarité dans une même séquence (à ce titre, le récit rapporté d’un vieillard de sa rencontre avec les créatures est un morceau de choix) et Na Hong-jin, par sa virtuosité et générosité dans les multiples climax, nous récompense d’une quinzaine d’années de blockbusters américains insipides. La teneur très sombre des films du réalisateur nous avait presque fait oublier le narrateur efficace et implacable qu’il est dans la construction du récit, la montée en puissance du suspense et de la tension. En se mettant cette fois au service d’un pur ride d’action, ces qualités sont décuplées et nous laisse à bout de souffle entre révélations et morceaux de bravoures dantesques.

En revanche, Na Hong-jin était aussi capable d’intriguer, d’émouvoir, bref de secouer son spectateur au-delà du grand spectacle. On reste sur notre faim de ce côté-là malgré les amorces d’un discours plus riche que le seul divertissement (la fin ouverte, le fait que les créatures ne réagissent qu’aux attaques belliqueuses des humains, les villageois tous surarmés) ; tout cela est un peu trop sur des rails. Alors que le sens de la conclusion de The Strangers dix ans après hante encore les spectateurs, et stimule les conversations cinéphiles quant à son sens, il n’est pas certain que malgré le très bon moment passé, Hope connaisse cette postérité.
Hope de Na Hong-jin. Corée du Sud. 2025. Projeté au Festival de Cannes 2026.




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