Dossier – Rétrospective Hou Hsiao-Hsien, 5 œuvres de jeunesse : Le maître (en salles le 03/08/2016)

Posté le 3 août 2016 par

Inutile de présenter Hou Hsiao Hsien (HHH pour les intimes) si ce n’est de confirmer haut la main que ce cinéaste taïwanais (peut-être le plus grand, celui qu’il fallait depuis longtemps) est et sera toujours l’un des fils conducteurs de notre site : un cinéma qui nous heurte, sensibilise, un cinéma qui substitue nos désirs à des rêves entre enfance et découverte de l’âge adulte. Retour sur la rétrospective proposée par Carlotta avec 5 oeuvres de jeunesse du maître en salles à partir du 3 août : Cute Girl (1980) ; Green, Green Grass of Home (1982) ; Les Garçons de Fengkuei (1983) ; Un temps pour vivre, un temps pour mourir (1985) ; Poussières dans le vent (1986).
Hou Hsiao Hsien traînait une nonchalance depuis les années 80, qui le fit monter sur un piédestal certes fragile mais qui avait le mérite d’exister, ne serait que pour la brillance d’une mise en scène conjuguée à la puissance formelle d’une idée.

Nous sommes en 1980 : sorti de la fac de cinéma, HHH réalise son premier film. Une comédie romantique, sorte de chewing-gum avec tout plein de bulles, des concentrés de mots pourris et de regards majestueusement cons. Car devant cet égarement de jeunesse, on se retrouve, comme un imbécile, face à un film qui ne croit pas au cinéma, qui fait ce qu’on lui demande de faire, et qui, au détour d’un plan, perd son cinéaste, sa vie, nous et finalement… le film.

Cute Girl
en est le titre et zéro pointé une note définitive.

cute_girl

Deux ans plus tard, HHH se retrouve une fois de plus face à une œuvre de commande. Il la saisit avec l’idée d’en faire autre chose que Cute Girl. Car, finalement, après avoir bien vomi sa diatribe contre ce premier film, on se « ressouvient » que le futur auteur du Maître des marionnettes est un fin stratège, un observateur aguerri et radical, quelqu’un qui ne fait pas de concessions, qui joue avec les sens des autres pour mieux sonder sa société.

Cute Girl
n’était qu’une farce commerciale afin de mieux travailler en parallèle sur ses propres projets, dont celui de poursuivre son regard, de prendre le temps, de l’affûter aussi, de savoir quand s’extasier, de pratiquer la réserve des sentiments et surtout d’être dans l’économie de moyens et de manières.

Deux ans plus tard, surgit donc Green, Green Grass of Home. De la comédie teenage, on franchit le cap de la chronique, des paysages filmés à « hauteur d’homme », d’une histoire qui ressemble à celles que nous lisons dans les romans de gare sans pour autant sentir la rouille.

Un étranger arrive dans un village. Il est instituteur. Et la vie continue…

HHH règle ses plans, solidifie le cahier des charges et glisse de temps en temps un mouvement, une idée, un bruissement ou des effleurements. Les fameuses caresses de HHH naissent en filigrane, timidement, mais on découvrant le film – nous sommes en 1982 rappelons-le – on assiste à l’éclosion d’un nouveau cinéaste, d’une nouvelle manière de regarder le spectateur. Et on n’avait pas tort.

Green, Green Grass of Home

Ensuite ?
Une filmographie rarement en dents de scie.

Entre 1983 et 1987, chaque année, HHH réalisera 5 films. 5 chefs d’œuvres.

Carlotta, en plus de Cute Girl et Green, Green Grass of Home, deux des trois inédits distribués (le troisième étant Les Garçons de Fengkuei) a la bonne idée de rééditer deux « déjà-vus », Poussières dans le vent et le somptueux et indépassable Un temps pour vivre, un temps pour mourir. C’est l’événement estival édition 2016 et il ne faut surtout pas le rater. De ses premiers films, on pourra dire qu’ils ressemblent à des documents que l’on aurait oubliés ou perdus et qui, par un hasard imagé, reviennent à la surface. Ces archives témoignent d’une société qui a toujours patienté avant que la mort revienne de la vie.

On appelle ça dans notre jargon : un maître !

Samit Ardjoum

Rétrospective Hou Hsiao Hsien : 5 œuvres de jeunesse. En salles le 03/08/2016.

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2 commentaires pour “Dossier – Rétrospective Hou Hsiao-Hsien, 5 œuvres de jeunesse : Le maître (en salles le 03/08/2016)”

  1. taïwanais pas chinois!
    Taiwan c’est la source!!!!

  2. Redacted !

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