Sniperzone de Sirippakom Wongchariyawat (DVD)

Posté le 22 août 2012 par

Eléphant livre à son public un film au titre fleurant bon le cinéma d’exploitation. Sniperzone est-il ce qu’il paraît ou, derrière ce titre, se dissimule-t-il un film tout autre ? Par Yannik Vanesse

Dans la conception d’un métrage, sa distribution a cela d’intéressant que ses créateurs n’ont, bien souvent, pas vraiment leur mot à dire sur ce qui se passe. Ong-Bak a ainsi été raccourci et sa musique modifiée au moment de sa sortie française. Captivity s’est vu au contraire ajouter des scènes de torture-porn dénaturant l’oeuvre originelle. Cependant, parfois, sans aller jusqu’à ces extrêmes, le choix d’un titre et d’un visuel sont modifiés et, bien souvent, ratent complètement le coche. Hideaways, par exemple, s’est vu ressortir en DVD sous le titre The Last Son, adjoint d’un visuel s’inspirant de films comme Damien, ce qui n’a que peu à voir avec le métrage lui-même.

Ainsi, à voir l’affiche de ce Sniperzone, on imagine aisément des duels de tireurs d’élite dans un film à l’action décomplexée et outrancière. Et, si action il y a, le titre international du film, My Best Bodyguard, permet de se faire une bien meilleure idée de son contenu. Dans Sniperzone en effet, seuls deux tirs de tireurs d’élites sont mis en scène, et, en lieu et place d’une bisserie telle que l’affiche le laisse à penser, le spectateur découvre un thriller à base de complot terroriste mâtiné d’action.

Il serait cependant dommage de bouder son plaisir, car le dit thriller est plutôt solide ! Sirippakom Wongchariyawat place ainsi l’action en Thaïlande. La CIA est venue demander de placer Bangkok en quarantaine, car un virus créé artificiellement par les Etats-Unis a disparu et risque d’être utilisé dans la ville. Cependant, le chef des forces spéciales ne l’entend pas de cette oreille, et parvient à ce qu’on le laisse agir à sa manière. Un casting international ajoute de la crédibilité dans les échanges entre les Américains et les Thaïlandais, de même que les personnages, qui bien que classiques, sont bien écrits et possèdent un minimum de profondeur. Il y a ainsi le chef des forces spéciales et son équipe : ces derniers sont prêts à tout pour empêcher la propagation de l’abominable virus, y compris tuer des innocents. Cette solution, quelque peu dure à croire pour le spectateur – non pas qu’un gouvernement soit prêt à tuer des innocents, bien sûr, mais cette solution les empêche aussi de chercher un vaccin – permet au film de ne pas verser dans le politiquement correct, ce qui est toujours agréable. Le méchant, à la tête d’un groupement financier, est terriblement charismatique et campe un dangereux criminel des plus intéressants. Et, au milieu, l’héroïne est une journaliste – fort logiquement très jolie – qui cherche à mettre à jour la vérité, se retrouvant ainsi pourchassée par les deux organismes. L’autre personnage principal est celui qui a le moins de profondeur. Il incarne un tueur à gages au service de l’Ennemi, qui trahira tout le monde pour protéger Nicha, la journaliste. Donnant son titre au film, il est incarné par un acteur aux performances martiales excellentes, qui nous offre de jolies scènes d’action.

Car, outre un scénario solide et intéressant, Sniperzone, en bon thriller d’action qui se respecte, réserve quelques belles fusillades, corps à corps et poursuites motorisées. Tout n’est évidemment pas parfait, une explosion mal faite ou une caméra un peu trop tremblotante venant parfois entacher l’ensemble, mais l’amateur de cinéma d’action a largement de quoi se mettre sous la dent ! Les cascadeurs – comme souvent en Thaïlande – sont assez impressionnants, même si on n’atteint pas le côté suicidaire d’un Born To Fight. Le spectateur assiste ainsi à de jolies poursuites musclées, à des fusillades bien chorégraphiées et à d’impressionnants corps à corps.

L’histoire se laisse ainsi suivre avec plaisir, les scènes d’actions et les séquences de dialogues s’alternant avec fluidité. Car, si le film est doté de quelques longueurs et de quelques séquences un peu trop chargées en pathos – musique larmoyante en sus – , le tout s’équilibre plutôt bien, grâce à de bons acteurs et à des dialogues bien écrits. Le spectateur a même droit à quelques surprises, certaines ellipses permettant de faire croire, de manière assez classique, que les héros vont être trouvés alors qu’ils ont été emmenés ailleurs, et quelques autres séquences du même acabit.

Au final, Sniperzone est un thriller solide et intéressant, doté de surcroit de scènes d’action de haut niveau, qui permet de passer un très bon moment.

 

 

Sniperzone de Sirippakom Wongchariyawat, en DVD chez Eléphant depuis le 19/06/12

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