Robogeisha

RoboGeisha de Iguchi Noboru (DVD)

Posté le 16 février 2012 par

RoboGeisha, sorti en 2009, nous parvient enfin. Un film s’appelant ainsi provoque immédiatement l’intérêt. Mais, au-delà de son titre intriguant (pour ne pas dire plus), que vaut donc ce film ? Par Yannik Vanesse.

Il est des réalisateurs qui aiment varier les genres, faire des films très différents, soit parce qu’ils ont des goûts éclectiques, soit parce qu’ils ne veulent pas être enfermés dans un genre donné (et parfois aussi parce qu’ils prennent les projets qu’on leur propose). Iguchi Noboru, au contraire, s’affirme haut et fort comme porte-parole d’un cinéma particulièrement déviant et fou. Alors qu’arrive bientôt Zombie Ass: Toilet Of The Dead (que les spectateurs du BIFFF auront la chance de découvrir) et que suivra un Dead Sushis que nous sommes impatients de découvrir, son RoboGeisha débarque sans prévenir en DVD. Quiconque est familier des pellicules du bonhomme ou de ses collègues s’attend à un scénario délirant et prétexte à du gore qui tâche et des scènes toutes plus extravagantes les unes que les autres…


Et c’est exactement ce à quoi aura droit le spectateur. L’histoire parle d’un duo de savants fous (père et fils) qui entraînent des geishas au combat pour qu’elles tuent pour eux. Les plus douées ont le droit de subir des modifications très Robocop pour devenir de vraies machines à tuer. Le scénario ne casse donc pas des briques, mais ce n’est pas forcément pour cela que l’on veut regarder un film s’appelant RoboGeisha. Nous voulons évidemment voir des geishas robotisées s’entretuer ! Et de ce côté-là, le réalisateur est généreux ! Perruque napalm (hommage à Les Clowns tueurs venus d’ailleurs ?), shuriken ou sabres jaillissant des fesses, et bien d’autres choses, pour des histoires où folies et gore se mêlent en une sorte d’hallucination collective. Car le film est très sanglant, le sang et d’autres fluides maculant régulièrement l’écran (c’est bien simple, même les bâtiments saignent). Iguchi Noboru, sachant qu’il est difficile de prendre un tel postulat au sérieux, a décidé de verser dans le second degré, à grand renfort d’humour lourd et scato, qui colle assez bien au film. Ainsi, les sabres jaillissant des fesses des personnages (la scène est hypnotique !) s’appellent les katana derche (oui, les geishas crient ces mots en se préparant pour l’attaque, constatant à haute voix, en un moment magnifiquement surréaliste, le ridicule de la dites attaque), et toute personne se faisant tuer trouve le temps et l’énergie pour dire une bêtise ou deux avant de succomber.

Certes, le spectateur ne ressort pas grandi d’un tel film (bien qu’il y ait des questions métaphysiques, telles l’héroïne s’interrogeant sur le modèle « être ou ne pas être », puisqu’elle pose cette grande question : « suis-je un robot ou une geisha ? ») mais il restera difficilement indifférent. Le final, en particulier, mélangeant Godzilla et Transformers, est particulièrement fou ! RoboGeisha est, il faut le dire, un joyeux bordel. Et, s’il commence à sentir un petit peu le réchauffé, en réutilisant un peu trop souvent des recettes similaires (il serait bien que ces films évitent d’être l’équivalent des productions sy fy du gore japonais), il n’en reste pas moins un spectacle réjouissant et généreux ! Bien sûr, il ne plaira pas à tout le monde, loin s’en faut, mais quiconque souhaitant rire un bon coup devrait poser les yeux sur cet ovni pelliculé des plus réjouissants ! Certes, les effets spéciaux ne sont pas toujours au top (mais ils restent des plus corrects) et il manque quelques créatures fabriquées sur le plateau (Iguchi se repose un peu trop sur les effets digitaux) mais il ne faudrait pas bouder son plaisir, tant ce film est hallucinant !

Yannik Vanesse.

Verdict :

RoboGeisha de Iguchi Noboru, disponible en DVD et Blu-ray, édité par Elephant Films, depuis le 16/02/2012.

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