Films Claire Lalaut Jeremy Coifman Justin Kwedi Lila Gleizes Elvire Rémand Marc L'Helgoualc'h Martin Debat Romain Leclercq Maxime Bauer Victor Lopez
Les Étendues imaginaires (en salles le 06/03/2019)
Siew Hua Yeo
« Le thriller et l'échappée rêveuse nous ancre puis nous éloigne d'un réel oppressant dans une oeuvre envoûtante. »
« En drapant ses problématiques sociales d'un voile onirique, le film a tout pour plaire sur le papier. Hélas, il prend trop souvent des airs de limbes dans lesquelles on s'égare. »
« Les Étendues imaginaires traite de thèmes déjà vus dans le cinéma asiatique et pourtant... En amenant le long-métrage vers le film de genre, le réalisateur en fait un objet original et inattendu. »
« Polar onirique portée par une photographie magnifique. Un trip coloré dans le Singapour des travailleurs migrants. »
« Un premier long-métrage honorable rempli de bonnes idées, mais qui à certains égards ressemble au cinéma de la Chine continentale sans enrichir le registre. »
« Le drame social se font dans un rêve vaporeux. Splendide ! »
Les Éternels (en salles le 27/02/2019)
Jia Zhang-ke
« Jia Zhang ke mêle encore la petite et la grande histoire dans un poignant et ample mélodrame où toutes les obsessions du cinéaste sont présentes. »
« Jia Zangke scrute à nouveau à travers le temps l'évolution de la Chine contemporaine dans la description d'un amour aussi inconditionnel que vain. »
« Un trésor de questionnements sur la Chine contemporaine, mais qui manque parfois de consistance faute d'enjeux narratifs clairs. »
« Une nouvelle exploration de la Chine sur deux décennies. On ressort ébloui de la mise en scène, la photographie et la puissance de jeu de Zhao Tao. »
« Jia Zhang-ke poursuit dans son auscultation de la Chine à travers le portrait de désaxés. Son dispositif en triptyque s'essouffle un peu d'autant que la première partie du film est la plus convaincante. »
« Malgré les enjeux actuels du cinéma chinois (blockbusterisation et standardisation, passage au comité de censure), Jia Zhang-ke parvient toujours à tirer son épingle du jeu et continue subtilement de décrire et questionner son pays, sans oublier d'y inclure des références à son propre cinéma. »
« Un peu en deçà des précédents chefs-d'oeuvre de Jia Zhank-ke, mais des moment de bravoures sublimes ! »
Kingdom (Netflix)
Kim Seong-hoon
« Kim seong hoon insuffle sa rage et son cynisme dans le genre zombie. Une farce horrifique soignée et politique. Romero aurait été fier. »
« Des zombies, de la politique et de beaux costumes : bien qu'elle ne révolutionne rien, la série exploite efficacement ses codes et remplit sans peine l'objectif de divertir le public. »
« Une série qui aurait pu être novatrice mais qui souffre d'un rythme bancal. Mention à la photographie, tout simplement sublime. »
« Une virée médiévale en enfer au rythme inégal qui, à défaut de renouveler le mythe du zombie assure le cahier des charges rayon horreur et aventure. »
« Il parait que ça commence vraiment au bout de deux épisodes, je ne suis pas allé aussi loin... »
Les Funérailles des roses (en salles le 20/02/2019)
Matsumoto Toshio
« Film fou et libre, aussi marquant que profondément avant gardiste. »
« Le souffle de la grandes tragédies à la sauce expérimentale et queer dans un Shinjuku sixties. Singulier et captivant. »
« Expérimental, burlesque, délicieusement ludique et provocateur. Un brouillage des genres sociaux comme artistiques qui n'a pas pris une ride, pour peu qu'on se retienne de vouloir lui donner une portée politique. »
« Une beauté plastique au service d'un portrait impliqué du monde gay des années 60. »
« Belle redécouverte d'un cinéma libre et esthète. »
Battle Angel Alita (en salles le 13/02/2019)
Robert Rodriguez
« Film qui manque de substance, prend des raccourcis et donc ne saisit pas vraiment les thématiques du manga. Reste un visuel assez soigné et un beau personnage. Ça fait peu. »
« On sent malheureusement le côté rushé des différents arcs du manga mais Rodriguez reprend tant bien que mal le style Cameron dans l'action et l'univers dépeint. La plus belle réussite reste Alita/Gally vrai beau personnage en construction magnifiquement retranscrit. »
« Heureusement que le visuel est plutôt réussi et que le personnage d'Alita intrigue... Sinon, c'est vide, creux, linéaire et, surtout, mielleux. »
« Un blockbuster techniquement irréprochable mais qui souffre d’une direction artistique bicéphale, où se mêlent mise en scène de Rodriguez et omniprésence de Cameron dans tous les plans. »
« Un film buvable, mais dans la droite lignée de la paresse créative du blockbuster hollywoodien de ces dernières années, et qui fait trop souvent fi de ce qui donnait son épaisseur au manga original. »
« Drôle de film : ni de Cameron, ni de Rodriguez ; à contre courant de la production actuelle sans rien vraiment inventer... On attend de voir Avatar 2 pour comprendre la place de ce brouillon et savoir s'il restera comme une tentative orpheline un peu bâtarde un ou le prophète d'une renouveau Hollywoodien. »
Un grand voyage vers la nuit (en salles le 30/01/2019)
Bi Gan
« Un poème visuel d'une beauté à couper le souffle. Méditation sensuelle sur le souvenir, l'amour, le temps. Un chef d'œuvre. »
« Entre espérances, souvenirs et regrets, une rêverie envoûtante notamment dans sa deuxième partie hypnotique. »
« Une réalisation enchanteresse qui ne peut laisser l'esthète indifférent, mais qui semble hélas parfois tourner à vide. Les pieds ne touchent pas terre durant le voyage, pour le meilleur et le moins bon... »
« Rêve éveillé, Un grand voyage vers la nuit nous entraîne dans des contrées insoupçonnées, sublimées par ce fameux plan séquence en 3D qui a un véritable sens. »
« Au-delà de la prouesse technique et esthétique de son plan-séquence final, Bi Gan excelle dans sa narration fragmentaire et chronologiquement explosée. Un grand voyage de rêve et de nostalgie. Une certaine idée du cinéma. »
« Une échappée hallucinatoire et volontairement décousue qui transporte son spectateur dans un rêve éveillé, aux limites de l’irréel dans sa somptueuse dernière heure en 3D. »
« Bi Gan propose une mise en image du concept de rêve jamais vue. Chaque plan crève les yeux de beauté, et le fameux plan-séquence n'a pas usurpé ses éloges. »
« Un grand voyage vers le cinéma. »
Nicky Larson et le parfum de Cupidon (en salles le 06/02/2019)
Philippe Lacheau
« Dommage que l'humour franchouillard et les clins d’œil embarrassants au Club Dorothée viennent parasiter un ensemble loin de la purge annoncée. Une relative ambition dans l'action, la dimension cartoon et l'humour de City Hunter sont là, pas honteux sans être une réussite. »
« Retour en enfance pour la génération Club Dorothée. Oubliez City Hunter et replongez-vous dans le Nicky Larson que vous avez connu. Tout n'est pas parfait, les références sont souvent peu utiles mais ce Nicky Larson est une bonne comédie et surtout, le meilleur film de Lacheau (ok, ce n'est pas très difficile...). »
« Les fans de Lacheau peuvent y trouver leur compte, ceux qui cherchent City Hunter (ou une quelconque forme d'ambition cinématographique) seront plus embarrassés devant cette comédie pataude multipliant les clins d’œils déprimants au Club Dorothée. »
Penguin Highway (Kinotayo 2019)
ishida Hiroyasu
« Bon anime pour les amateurs de sciences, de seins et de manchots. Et une fin bien psychédélique zabriskie-pointesque de bon aloi. »
« Un premier long-métrage qui prouve que son jeune réalisateur Ishida Hiroyasu est loin d'être manchot ! »
Destiny : The Tale Of Kamakura (Kinotayo 2019)
Yamazaki Takashi
« Un conte magique très gnangnan où la magie n'opère pas. Les effets spéciaux sont assez réussis. »
The Chrysanthemum And The Guillotine (Kinotayo 2019)
Zeze Takahisa
« Belle fresque féministe et politique en forme de miroir sur le passé et le présent japonais. Les 3h se font néanmoins parfois un peu sentir. »
« Œuvre libre et intéressante, à l'image de son sujet, qui aurait mérité un traitement de moins de 3 heures pour gagner en puissance. »
« Un petit film-monde qui met en lumière des personnages vrais au service d'un propos honorable. »
Yurigokoro (Kinotayo 2019)
Kamazawa Naoto
« Un héroïne sacrément torturée portant un récit intriguant qui se perd dans une dernière demi heure superflue car trop explicative et larmoyante. Dommage. »
« Entre le scénario tiré par les cheveux et la médiocrité d'une bonne moitié des acteurs, le résultat est admirablement gênant. Grand-guignolesque. »
« Ça fait plaisir de revoir l'actrice Yuriko Yoshitaka mais pour un thriller qui tourne rapidement en rond. »
« Plus on avance dans le film, plus il perd d'intérêt à force d'une intrigue de plus en plus ridicule (qui n'assume jamais son côté grotesque). Et le début était déjà loin d'être génial... »
Killing (Kinotayo 2019)
Tsukamoto Shinya
« Killing brille par son interprétation viscérale d'un thème classique. C'est fiévreux, sensuel, brutal... du Tsukamoto dans toute sa splendeur. »
« Un film de chambara à la sauce Tsukamoto, et sans budget, c'est toujours détonnant. Il y a des moments de grâce dans ce film, mais aussi des flottements dus à des personnages parfois trop peu incarnés. »
« Perçu (à jamais ?) comme un cinéaste urbain, Tsukamoto magnifie régulièrement la nature. C'est le cas pour ce film de sabre avant tout psychologique porté par un quatuor d'acteurs convaincants et des prises de vue maîtrisées. »
« Shin'ya Tsukamoto revient avec un genre résolument classique mais résolu à crever l'écran à travers un film tout sauf classique. Tout comme les cinéastes du Nouvel Hollywood en leur temps, et avec seulement 1h30, Tsukamoto portrait la violence de sa société. »
« Malgré quelques scènes moins inspirées et une utilisation discutable du numérique, Shinya Tsukamoto livre un chambara hypnotique et fascinant, s'appropriant pleinement le genre en l'inscrivant dans son univers obsessionnel. »
Inland Sea (Kinotayo 2019)
Soda Kazuhiro
« Le documentaire est bien vite pris en otage par une vieille radoteuse, aussi agaçante qu'attachante. En même temps que son énergie porte le film, elle le mène quelquefois à faire du sur-place. »
« Soda filme toujours avec la même bienveillance ces "petits vieux" (et les chats). On ne peut que s'attacher à ces personnages parfois fantasques. Cependant, la 2e partie a tendance à radoter... »
« Éloge de la lenteur et de la vie simple (mais ô combien laborieuse pour ces personnes âgées) dans ce village de pêcheurs qui rappelle certains coins de Bretagne. Soda sait mettre en valeur les petites gens les plus attachants. »
« Au delà de la chronique sociale, Soda observe un Japon imamurien immobilisé dans une capsule temporelle dont il arrive à capturer la fragile et dernière persistance. »
Ne coupez pas ! (Kinotayo 2019)
Ueda Shin'ichirô
« Ode aux petites mains et au système D du cinéma, touchant, inventif et surtout d'une drôlerie irrésistible. »
« Un feu d'artifice de bonnes idées qui célèbre, avec tendresse et drôlerie, la face cachée du cinéma. Une friandise à déguster sans modération. »
« Une déclaration d'amour au cinéma, sans moyen mais hyper malin. Donc ça marche ! »
« Une idée simple, un budget limité et surtout de la passion : la recette imparable pour cette ode au cinéma. »
« Rien de révolutionnaire, mais plutôt malin et amusant. »
An Elephant Sitting Still (en salles le 09/01/2019)
Hu Bo
« Un chef d'oeuvre d'une rare force poétique, porté par une mise en scène précise et immersive et des acteurs sublimes. Hu Bo laisse retentir derrière lui un inoubliable cri de douleur. »
« Une oeuvre limpide d'une noirceur et d'un pessimisme assumés. Une certaine vision de la Chine contemporaine et, plus généralement, des rapports humains. À méditer en écoutant, sans ironie, "Come On Die Young" de Mogwai. »
« 4h d'une fresque qui font entrer Hu Bo au panthéon des plus grands cinéastes de notre ère. Une œuvre testament, très majoritairement portée par un souffle dépressif incroyable, mais pour peu qu'on regarde dans les interstices, non sans lumière. »
« À la fois d'une belle intensité narrative et d'un réalisme presque vaporeux. On ne peut que regretter la disparition d'un cinéma aussi prometteur.... »
Never-ending Man : Hayao Miyazaki (en salles le 02/01/2019)
Arakawa Kaku
« De précieuses et émouvantes images de Miyazaki, dans toute la vivacité de sa passion. Cependant, bien qu'elle s'explique par les conditions de tournage, la forme reste assez décevante. »
« Un documentaire touchant sur Miyazaki, ses envies, ses fêlures et ses doutes. Malheureusement, la forme est bien trop peu travaillée pour rester dans les annales. »
« Un propos et un sujet passionnant auquel la forme du reportage télévisuel n'est pas vraiment à la hauteur. »
Asako I&II (en salles le 02/01/2019)
Hamaguchi Ryusuke
« On retrouve la capture du quotidien croisée à un astucieux romanesque déjà apprécié dans Senses, tournant cette fois autour de l'inachevé et l'obsession amoureuse. La claque de ce début 2019. »
« Si on n'atteint pas la finesse d'interprétation de Senses, Asako I&II nous gâte avec ses personnages aux étrangetés étonnamment humaines, et confirme Hamaguchi comme un metteur en scène sensible, dans la lignée de Kore-eda et Kawase. »
« Un film qui laisse parfois perplexe. Une mise en scène brillante, mais un rythme perturbant et une héroïne qui a du mal à se construire au fil du récit alors que c'est bien le sujet du film. »
« Hamaguchi brouille les pistes du réel dans cette histoire de doubles psychiques et physiques. Il confirme aussi être l'un des réalisateurs phares de la quête de soi et de la quête du sens. »
« Comment s'attacher au personnage titre alors quelle est aussi transparente que son chemisier. Heureusement on peut se raccrocher aux personnages secondaires plus consistants et attachants. Mention spéciale à Higashide Masahiro et sa super perruque dans son rôle de Baku. Toujours pas convaincu par le supposé génie de cet auteur. »
« Un film ambivalent traversé par de belles idées, mais parfois à la limite d'une insignifiance calquée sur son héroïne. On peut préférer Asako I à Asako II (ou l'inverse). »
Miraï, ma petite soeur (en salles le 26/12/2018)
Hosoda Mamoru
« Doux et poétique voyage dans la psychologie d’un enfant attendant l’arrivée d’une petite sœur, Mirai touche toujours juste, parle de la parentalité et de la filiation avec une acuité étonnante. Magnifique. »
« Hosoda observe avec inventivité et tendresse les sentiments à vifs de la petite enfance. »
« Une ode à la puissance de l'imagination, qui n'atteint toutefois pas la force et la densité des précédents films d'Hosoda, faute d'une mythologie cohérente. Touchant et divertissant malgré tout. »
« Le nouveau film de Hosoda n'est pas qu'une énième histoire de famille ; il est beaucoup plus. Inventif, touchant, naviguant dans des univers parallèles, Hosoda parvient, par une tranche de vie montrée à l'écran, à saisir des problématiques universelles, qu'on ait l'âge de 4 ans, comme le petit héros, ou non. »
« Une merveille dans la veine plus intimiste d'Hosoda. »
Grass (en salles le 19/12/2019)
Hong Sang-soo
« La petite musique habituelle d'Hong Sang-Soo, pas désagréable mais qui laisse un peu de côté pour cette fois. »
« Grass laisse entrapercevoir le jour où il sera possible d'écrire sur un film d'Hong Sang-soo sans employer le mot "variation". Toujours des autopsies émotionnelles sur fond de soju, mais un indicible renouveau dans la mise en scène. »
« HSS innove (un peu) et ça fait du bien. Mais le film demeure insignifiant et rapidement oublié. »
« Hong Sang-soo décidément au-dessus du lot. Un triptyque fluide mort/culpabilité, trahison/dépit, amour/espérance porté par des dialogues toujours aussi savoureux (et poignants) et une mise en scène avec laquelle le réalisateur réussit à surprendre. Le meilleur HSS depuis Yourself & Yours. »
« Voir l'avis de Marc, tout pareil ! »
Une affaire de famille (en salles le 12/12/2018)
Kore-eda Hirokazu
« Un film somme des questionnements sociaux et sociétaux du réalisateur qui se réinvente néanmoins en ajoutant à sa veine sensible une truculence rappelant le meilleur de la comédie italienne. »
« Kore-eda lance des nouvelles pistes pertinentes dans la thématique de la famille qui lui tient tant à cœur. C'est peut-être ce renforcement de l'aspect narratif qui donne toutefois le sentiment qu'il ne tire plus autant de ses acteurs. »
« Kore-eda a, une fois de plus, tout compris au cinéma. Il émeut, fait rire et tire des conclusions de cette histoire de famille recomposée, sans jamais apporter de jugement moral. »
« Un Kore-eda juste et touchant dans un film magnifiquement porté par son sextet d'acteurs. Seul bémol : un scénario et une mise en scène très conventionnels. Plus d'audace ne nuirait pas à l'émotion du spectateur. »
« Un sommet incontestable dans la filmographie de Kore-Eda, débordant d’amour et d’émotion. Une palme d’or amplement méritée. »
« Après la digression The Third Murder, Kore-eda revient aux territoires connus déjà arpentés dans Nobody Knows et Tel père tel fils. On est en droit de trouver la maîtrise parfaite de cette Palme d'or moins incisive que le premier et moins touchante que le second. »

Astuce : survolez la note d'un critique pour voir son commentaire personnel sur le film.

Films Claire Lalaut Jeremy Coifman Justin Kwedi Lila Gleizes Elvire Rémand Marc L'Helgoualc'h Martin Debat Romain Leclercq Maxime Bauer Victor Lopez
Les Étendues imaginaires (en salles le 06/03/2019)
Siew Hua Yeo
« Le thriller et l'échappée rêveuse nous ancre puis nous éloigne d'un réel oppressant dans une oeuvre envoûtante. »
« En drapant ses problématiques sociales d'un voile onirique, le film a tout pour plaire sur le papier. Hélas, il prend trop souvent des airs de limbes dans lesquelles on s'égare. »
« Les Étendues imaginaires traite de thèmes déjà vus dans le cinéma asiatique et pourtant... En amenant le long-métrage vers le film de genre, le réalisateur en fait un objet original et inattendu. »
« Polar onirique portée par une photographie magnifique. Un trip coloré dans le Singapour des travailleurs migrants. »
« Un premier long-métrage honorable rempli de bonnes idées, mais qui à certains égards ressemble au cinéma de la Chine continentale sans enrichir le registre. »
« Le drame social se font dans un rêve vaporeux. Splendide ! »
Les Éternels (en salles le 27/02/2019)
Jia Zhang-ke
« Jia Zhang ke mêle encore la petite et la grande histoire dans un poignant et ample mélodrame où toutes les obsessions du cinéaste sont présentes. »
« Jia Zangke scrute à nouveau à travers le temps l'évolution de la Chine contemporaine dans la description d'un amour aussi inconditionnel que vain. »
« Un trésor de questionnements sur la Chine contemporaine, mais qui manque parfois de consistance faute d'enjeux narratifs clairs. »
« Une nouvelle exploration de la Chine sur deux décennies. On ressort ébloui de la mise en scène, la photographie et la puissance de jeu de Zhao Tao. »
« Jia Zhang-ke poursuit dans son auscultation de la Chine à travers le portrait de désaxés. Son dispositif en triptyque s'essouffle un peu d'autant que la première partie du film est la plus convaincante. »
« Malgré les enjeux actuels du cinéma chinois (blockbusterisation et standardisation, passage au comité de censure), Jia Zhang-ke parvient toujours à tirer son épingle du jeu et continue subtilement de décrire et questionner son pays, sans oublier d'y inclure des références à son propre cinéma. »
« Un peu en deçà des précédents chefs-d'oeuvre de Jia Zhank-ke, mais des moment de bravoures sublimes ! »
Kingdom (Netflix)
Kim Seong-hoon
« Kim seong hoon insuffle sa rage et son cynisme dans le genre zombie. Une farce horrifique soignée et politique. Romero aurait été fier. »
« Des zombies, de la politique et de beaux costumes : bien qu'elle ne révolutionne rien, la série exploite efficacement ses codes et remplit sans peine l'objectif de divertir le public. »
« Une série qui aurait pu être novatrice mais qui souffre d'un rythme bancal. Mention à la photographie, tout simplement sublime. »
« Une virée médiévale en enfer au rythme inégal qui, à défaut de renouveler le mythe du zombie assure le cahier des charges rayon horreur et aventure. »
« Il parait que ça commence vraiment au bout de deux épisodes, je ne suis pas allé aussi loin... »
Les Funérailles des roses (en salles le 20/02/2019)
Matsumoto Toshio
« Film fou et libre, aussi marquant que profondément avant gardiste. »
« Le souffle de la grandes tragédies à la sauce expérimentale et queer dans un Shinjuku sixties. Singulier et captivant. »
« Expérimental, burlesque, délicieusement ludique et provocateur. Un brouillage des genres sociaux comme artistiques qui n'a pas pris une ride, pour peu qu'on se retienne de vouloir lui donner une portée politique. »
« Une beauté plastique au service d'un portrait impliqué du monde gay des années 60. »
« Belle redécouverte d'un cinéma libre et esthète. »
Battle Angel Alita (en salles le 13/02/2019)
Robert Rodriguez
« Film qui manque de substance, prend des raccourcis et donc ne saisit pas vraiment les thématiques du manga. Reste un visuel assez soigné et un beau personnage. Ça fait peu. »
« On sent malheureusement le côté rushé des différents arcs du manga mais Rodriguez reprend tant bien que mal le style Cameron dans l'action et l'univers dépeint. La plus belle réussite reste Alita/Gally vrai beau personnage en construction magnifiquement retranscrit. »
« Heureusement que le visuel est plutôt réussi et que le personnage d'Alita intrigue... Sinon, c'est vide, creux, linéaire et, surtout, mielleux. »
« Un blockbuster techniquement irréprochable mais qui souffre d’une direction artistique bicéphale, où se mêlent mise en scène de Rodriguez et omniprésence de Cameron dans tous les plans. »
« Un film buvable, mais dans la droite lignée de la paresse créative du blockbuster hollywoodien de ces dernières années, et qui fait trop souvent fi de ce qui donnait son épaisseur au manga original. »
« Drôle de film : ni de Cameron, ni de Rodriguez ; à contre courant de la production actuelle sans rien vraiment inventer... On attend de voir Avatar 2 pour comprendre la place de ce brouillon et savoir s'il restera comme une tentative orpheline un peu bâtarde un ou le prophète d'une renouveau Hollywoodien. »
Un grand voyage vers la nuit (en salles le 30/01/2019)
Bi Gan
« Un poème visuel d'une beauté à couper le souffle. Méditation sensuelle sur le souvenir, l'amour, le temps. Un chef d'œuvre. »
« Entre espérances, souvenirs et regrets, une rêverie envoûtante notamment dans sa deuxième partie hypnotique. »
« Une réalisation enchanteresse qui ne peut laisser l'esthète indifférent, mais qui semble hélas parfois tourner à vide. Les pieds ne touchent pas terre durant le voyage, pour le meilleur et le moins bon... »
« Rêve éveillé, Un grand voyage vers la nuit nous entraîne dans des contrées insoupçonnées, sublimées par ce fameux plan séquence en 3D qui a un véritable sens. »
« Au-delà de la prouesse technique et esthétique de son plan-séquence final, Bi Gan excelle dans sa narration fragmentaire et chronologiquement explosée. Un grand voyage de rêve et de nostalgie. Une certaine idée du cinéma. »
« Une échappée hallucinatoire et volontairement décousue qui transporte son spectateur dans un rêve éveillé, aux limites de l’irréel dans sa somptueuse dernière heure en 3D. »
« Bi Gan propose une mise en image du concept de rêve jamais vue. Chaque plan crève les yeux de beauté, et le fameux plan-séquence n'a pas usurpé ses éloges. »
« Un grand voyage vers le cinéma. »
Nicky Larson et le parfum de Cupidon (en salles le 06/02/2019)
Philippe Lacheau
« Dommage que l'humour franchouillard et les clins d’œil embarrassants au Club Dorothée viennent parasiter un ensemble loin de la purge annoncée. Une relative ambition dans l'action, la dimension cartoon et l'humour de City Hunter sont là, pas honteux sans être une réussite. »
« Retour en enfance pour la génération Club Dorothée. Oubliez City Hunter et replongez-vous dans le Nicky Larson que vous avez connu. Tout n'est pas parfait, les références sont souvent peu utiles mais ce Nicky Larson est une bonne comédie et surtout, le meilleur film de Lacheau (ok, ce n'est pas très difficile...). »
« Les fans de Lacheau peuvent y trouver leur compte, ceux qui cherchent City Hunter (ou une quelconque forme d'ambition cinématographique) seront plus embarrassés devant cette comédie pataude multipliant les clins d’œils déprimants au Club Dorothée. »
Penguin Highway (Kinotayo 2019)
ishida Hiroyasu
« Bon anime pour les amateurs de sciences, de seins et de manchots. Et une fin bien psychédélique zabriskie-pointesque de bon aloi. »
« Un premier long-métrage qui prouve que son jeune réalisateur Ishida Hiroyasu est loin d'être manchot ! »
Destiny : The Tale Of Kamakura (Kinotayo 2019)
Yamazaki Takashi
« Un conte magique très gnangnan où la magie n'opère pas. Les effets spéciaux sont assez réussis. »
The Chrysanthemum And The Guillotine (Kinotayo 2019)
Zeze Takahisa
« Belle fresque féministe et politique en forme de miroir sur le passé et le présent japonais. Les 3h se font néanmoins parfois un peu sentir. »
« Œuvre libre et intéressante, à l'image de son sujet, qui aurait mérité un traitement de moins de 3 heures pour gagner en puissance. »
« Un petit film-monde qui met en lumière des personnages vrais au service d'un propos honorable. »
Yurigokoro (Kinotayo 2019)
Kamazawa Naoto
« Un héroïne sacrément torturée portant un récit intriguant qui se perd dans une dernière demi heure superflue car trop explicative et larmoyante. Dommage. »
« Entre le scénario tiré par les cheveux et la médiocrité d'une bonne moitié des acteurs, le résultat est admirablement gênant. Grand-guignolesque. »
« Ça fait plaisir de revoir l'actrice Yuriko Yoshitaka mais pour un thriller qui tourne rapidement en rond. »
« Plus on avance dans le film, plus il perd d'intérêt à force d'une intrigue de plus en plus ridicule (qui n'assume jamais son côté grotesque). Et le début était déjà loin d'être génial... »
Killing (Kinotayo 2019)
Tsukamoto Shinya
« Killing brille par son interprétation viscérale d'un thème classique. C'est fiévreux, sensuel, brutal... du Tsukamoto dans toute sa splendeur. »
« Un film de chambara à la sauce Tsukamoto, et sans budget, c'est toujours détonnant. Il y a des moments de grâce dans ce film, mais aussi des flottements dus à des personnages parfois trop peu incarnés. »
« Perçu (à jamais ?) comme un cinéaste urbain, Tsukamoto magnifie régulièrement la nature. C'est le cas pour ce film de sabre avant tout psychologique porté par un quatuor d'acteurs convaincants et des prises de vue maîtrisées. »
« Shin'ya Tsukamoto revient avec un genre résolument classique mais résolu à crever l'écran à travers un film tout sauf classique. Tout comme les cinéastes du Nouvel Hollywood en leur temps, et avec seulement 1h30, Tsukamoto portrait la violence de sa société. »
« Malgré quelques scènes moins inspirées et une utilisation discutable du numérique, Shinya Tsukamoto livre un chambara hypnotique et fascinant, s'appropriant pleinement le genre en l'inscrivant dans son univers obsessionnel. »
Inland Sea (Kinotayo 2019)
Soda Kazuhiro
« Le documentaire est bien vite pris en otage par une vieille radoteuse, aussi agaçante qu'attachante. En même temps que son énergie porte le film, elle le mène quelquefois à faire du sur-place. »
« Soda filme toujours avec la même bienveillance ces "petits vieux" (et les chats). On ne peut que s'attacher à ces personnages parfois fantasques. Cependant, la 2e partie a tendance à radoter... »
« Éloge de la lenteur et de la vie simple (mais ô combien laborieuse pour ces personnes âgées) dans ce village de pêcheurs qui rappelle certains coins de Bretagne. Soda sait mettre en valeur les petites gens les plus attachants. »
« Au delà de la chronique sociale, Soda observe un Japon imamurien immobilisé dans une capsule temporelle dont il arrive à capturer la fragile et dernière persistance. »
Ne coupez pas ! (Kinotayo 2019)
Ueda Shin'ichirô
« Ode aux petites mains et au système D du cinéma, touchant, inventif et surtout d'une drôlerie irrésistible. »
« Un feu d'artifice de bonnes idées qui célèbre, avec tendresse et drôlerie, la face cachée du cinéma. Une friandise à déguster sans modération. »
« Une déclaration d'amour au cinéma, sans moyen mais hyper malin. Donc ça marche ! »
« Une idée simple, un budget limité et surtout de la passion : la recette imparable pour cette ode au cinéma. »
« Rien de révolutionnaire, mais plutôt malin et amusant. »
An Elephant Sitting Still (en salles le 09/01/2019)
Hu Bo
« Un chef d'oeuvre d'une rare force poétique, porté par une mise en scène précise et immersive et des acteurs sublimes. Hu Bo laisse retentir derrière lui un inoubliable cri de douleur. »
« Une oeuvre limpide d'une noirceur et d'un pessimisme assumés. Une certaine vision de la Chine contemporaine et, plus généralement, des rapports humains. À méditer en écoutant, sans ironie, "Come On Die Young" de Mogwai. »
« 4h d'une fresque qui font entrer Hu Bo au panthéon des plus grands cinéastes de notre ère. Une œuvre testament, très majoritairement portée par un souffle dépressif incroyable, mais pour peu qu'on regarde dans les interstices, non sans lumière. »
« À la fois d'une belle intensité narrative et d'un réalisme presque vaporeux. On ne peut que regretter la disparition d'un cinéma aussi prometteur.... »
Never-ending Man : Hayao Miyazaki (en salles le 02/01/2019)
Arakawa Kaku
« De précieuses et émouvantes images de Miyazaki, dans toute la vivacité de sa passion. Cependant, bien qu'elle s'explique par les conditions de tournage, la forme reste assez décevante. »
« Un documentaire touchant sur Miyazaki, ses envies, ses fêlures et ses doutes. Malheureusement, la forme est bien trop peu travaillée pour rester dans les annales. »
« Un propos et un sujet passionnant auquel la forme du reportage télévisuel n'est pas vraiment à la hauteur. »
Asako I&II (en salles le 02/01/2019)
Hamaguchi Ryusuke
« On retrouve la capture du quotidien croisée à un astucieux romanesque déjà apprécié dans Senses, tournant cette fois autour de l'inachevé et l'obsession amoureuse. La claque de ce début 2019. »
« Si on n'atteint pas la finesse d'interprétation de Senses, Asako I&II nous gâte avec ses personnages aux étrangetés étonnamment humaines, et confirme Hamaguchi comme un metteur en scène sensible, dans la lignée de Kore-eda et Kawase. »
« Un film qui laisse parfois perplexe. Une mise en scène brillante, mais un rythme perturbant et une héroïne qui a du mal à se construire au fil du récit alors que c'est bien le sujet du film. »
« Hamaguchi brouille les pistes du réel dans cette histoire de doubles psychiques et physiques. Il confirme aussi être l'un des réalisateurs phares de la quête de soi et de la quête du sens. »
« Comment s'attacher au personnage titre alors quelle est aussi transparente que son chemisier. Heureusement on peut se raccrocher aux personnages secondaires plus consistants et attachants. Mention spéciale à Higashide Masahiro et sa super perruque dans son rôle de Baku. Toujours pas convaincu par le supposé génie de cet auteur. »
« Un film ambivalent traversé par de belles idées, mais parfois à la limite d'une insignifiance calquée sur son héroïne. On peut préférer Asako I à Asako II (ou l'inverse). »
Miraï, ma petite soeur (en salles le 26/12/2018)
Hosoda Mamoru
« Doux et poétique voyage dans la psychologie d’un enfant attendant l’arrivée d’une petite sœur, Mirai touche toujours juste, parle de la parentalité et de la filiation avec une acuité étonnante. Magnifique. »
« Hosoda observe avec inventivité et tendresse les sentiments à vifs de la petite enfance. »
« Une ode à la puissance de l'imagination, qui n'atteint toutefois pas la force et la densité des précédents films d'Hosoda, faute d'une mythologie cohérente. Touchant et divertissant malgré tout. »
« Le nouveau film de Hosoda n'est pas qu'une énième histoire de famille ; il est beaucoup plus. Inventif, touchant, naviguant dans des univers parallèles, Hosoda parvient, par une tranche de vie montrée à l'écran, à saisir des problématiques universelles, qu'on ait l'âge de 4 ans, comme le petit héros, ou non. »
« Une merveille dans la veine plus intimiste d'Hosoda. »
Grass (en salles le 19/12/2019)
Hong Sang-soo
« La petite musique habituelle d'Hong Sang-Soo, pas désagréable mais qui laisse un peu de côté pour cette fois. »
« Grass laisse entrapercevoir le jour où il sera possible d'écrire sur un film d'Hong Sang-soo sans employer le mot "variation". Toujours des autopsies émotionnelles sur fond de soju, mais un indicible renouveau dans la mise en scène. »
« HSS innove (un peu) et ça fait du bien. Mais le film demeure insignifiant et rapidement oublié. »
« Hong Sang-soo décidément au-dessus du lot. Un triptyque fluide mort/culpabilité, trahison/dépit, amour/espérance porté par des dialogues toujours aussi savoureux (et poignants) et une mise en scène avec laquelle le réalisateur réussit à surprendre. Le meilleur HSS depuis Yourself & Yours. »
« Voir l'avis de Marc, tout pareil ! »
Une affaire de famille (en salles le 12/12/2018)
Kore-eda Hirokazu
« Un film somme des questionnements sociaux et sociétaux du réalisateur qui se réinvente néanmoins en ajoutant à sa veine sensible une truculence rappelant le meilleur de la comédie italienne. »
« Kore-eda lance des nouvelles pistes pertinentes dans la thématique de la famille qui lui tient tant à cœur. C'est peut-être ce renforcement de l'aspect narratif qui donne toutefois le sentiment qu'il ne tire plus autant de ses acteurs. »
« Kore-eda a, une fois de plus, tout compris au cinéma. Il émeut, fait rire et tire des conclusions de cette histoire de famille recomposée, sans jamais apporter de jugement moral. »
« Un Kore-eda juste et touchant dans un film magnifiquement porté par son sextet d'acteurs. Seul bémol : un scénario et une mise en scène très conventionnels. Plus d'audace ne nuirait pas à l'émotion du spectateur. »
« Un sommet incontestable dans la filmographie de Kore-Eda, débordant d’amour et d’émotion. Une palme d’or amplement méritée. »
« Après la digression The Third Murder, Kore-eda revient aux territoires connus déjà arpentés dans Nobody Knows et Tel père tel fils. On est en droit de trouver la maîtrise parfaite de cette Palme d'or moins incisive que le premier et moins touchante que le second. »

Astuce : survolez la note d'un critique pour voir son commentaire personnel sur le film.

Tableau des Etoiles

Films Claire Lalaut Jeremy Coifman Justin Kwedi Lila Gleizes Elvire Rémand Marc L'Helgoualc'h Martin Debat Romain Leclercq Maxime Bauer Victor Lopez
Les Étendues imaginaires (en salles le 06/03/2019)
Siew Hua Yeo
« Le thriller et l'échappée rêveuse nous ancre puis nous éloigne d'un réel oppressant dans une oeuvre envoûtante. »
« En drapant ses problématiques sociales d'un voile onirique, le film a tout pour plaire sur le papier. Hélas, il prend trop souvent des airs de limbes dans lesquelles on s'égare. »
« Les Étendues imaginaires traite de thèmes déjà vus dans le cinéma asiatique et pourtant... En amenant le long-métrage vers le film de genre, le réalisateur en fait un objet original et inattendu. »
« Polar onirique portée par une photographie magnifique. Un trip coloré dans le Singapour des travailleurs migrants. »
« Un premier long-métrage honorable rempli de bonnes idées, mais qui à certains égards ressemble au cinéma de la Chine continentale sans enrichir le registre. »
« Le drame social se font dans un rêve vaporeux. Splendide ! »
Les Éternels (en salles le 27/02/2019)
Jia Zhang-ke
« Jia Zhang ke mêle encore la petite et la grande histoire dans un poignant et ample mélodrame où toutes les obsessions du cinéaste sont présentes. »
« Jia Zangke scrute à nouveau à travers le temps l'évolution de la Chine contemporaine dans la description d'un amour aussi inconditionnel que vain. »
« Un trésor de questionnements sur la Chine contemporaine, mais qui manque parfois de consistance faute d'enjeux narratifs clairs. »
« Une nouvelle exploration de la Chine sur deux décennies. On ressort ébloui de la mise en scène, la photographie et la puissance de jeu de Zhao Tao. »
« Jia Zhang-ke poursuit dans son auscultation de la Chine à travers le portrait de désaxés. Son dispositif en triptyque s'essouffle un peu d'autant que la première partie du film est la plus convaincante. »
« Malgré les enjeux actuels du cinéma chinois (blockbusterisation et standardisation, passage au comité de censure), Jia Zhang-ke parvient toujours à tirer son épingle du jeu et continue subtilement de décrire et questionner son pays, sans oublier d'y inclure des références à son propre cinéma. »
« Un peu en deçà des précédents chefs-d'oeuvre de Jia Zhank-ke, mais des moment de bravoures sublimes ! »
Kingdom (Netflix)
Kim Seong-hoon
« Kim seong hoon insuffle sa rage et son cynisme dans le genre zombie. Une farce horrifique soignée et politique. Romero aurait été fier. »
« Des zombies, de la politique et de beaux costumes : bien qu'elle ne révolutionne rien, la série exploite efficacement ses codes et remplit sans peine l'objectif de divertir le public. »
« Une série qui aurait pu être novatrice mais qui souffre d'un rythme bancal. Mention à la photographie, tout simplement sublime. »
« Une virée médiévale en enfer au rythme inégal qui, à défaut de renouveler le mythe du zombie assure le cahier des charges rayon horreur et aventure. »
« Il parait que ça commence vraiment au bout de deux épisodes, je ne suis pas allé aussi loin... »
Les Funérailles des roses (en salles le 20/02/2019)
Matsumoto Toshio
« Film fou et libre, aussi marquant que profondément avant gardiste. »
« Le souffle de la grandes tragédies à la sauce expérimentale et queer dans un Shinjuku sixties. Singulier et captivant. »
« Expérimental, burlesque, délicieusement ludique et provocateur. Un brouillage des genres sociaux comme artistiques qui n'a pas pris une ride, pour peu qu'on se retienne de vouloir lui donner une portée politique. »
« Une beauté plastique au service d'un portrait impliqué du monde gay des années 60. »
« Belle redécouverte d'un cinéma libre et esthète. »
Battle Angel Alita (en salles le 13/02/2019)
Robert Rodriguez
« Film qui manque de substance, prend des raccourcis et donc ne saisit pas vraiment les thématiques du manga. Reste un visuel assez soigné et un beau personnage. Ça fait peu. »
« On sent malheureusement le côté rushé des différents arcs du manga mais Rodriguez reprend tant bien que mal le style Cameron dans l'action et l'univers dépeint. La plus belle réussite reste Alita/Gally vrai beau personnage en construction magnifiquement retranscrit. »
« Heureusement que le visuel est plutôt réussi et que le personnage d'Alita intrigue... Sinon, c'est vide, creux, linéaire et, surtout, mielleux. »
« Un blockbuster techniquement irréprochable mais qui souffre d’une direction artistique bicéphale, où se mêlent mise en scène de Rodriguez et omniprésence de Cameron dans tous les plans. »
« Un film buvable, mais dans la droite lignée de la paresse créative du blockbuster hollywoodien de ces dernières années, et qui fait trop souvent fi de ce qui donnait son épaisseur au manga original. »
« Drôle de film : ni de Cameron, ni de Rodriguez ; à contre courant de la production actuelle sans rien vraiment inventer... On attend de voir Avatar 2 pour comprendre la place de ce brouillon et savoir s'il restera comme une tentative orpheline un peu bâtarde un ou le prophète d'une renouveau Hollywoodien. »
Un grand voyage vers la nuit (en salles le 30/01/2019)
Bi Gan
« Un poème visuel d'une beauté à couper le souffle. Méditation sensuelle sur le souvenir, l'amour, le temps. Un chef d'œuvre. »
« Entre espérances, souvenirs et regrets, une rêverie envoûtante notamment dans sa deuxième partie hypnotique. »
« Une réalisation enchanteresse qui ne peut laisser l'esthète indifférent, mais qui semble hélas parfois tourner à vide. Les pieds ne touchent pas terre durant le voyage, pour le meilleur et le moins bon... »
« Rêve éveillé, Un grand voyage vers la nuit nous entraîne dans des contrées insoupçonnées, sublimées par ce fameux plan séquence en 3D qui a un véritable sens. »
« Au-delà de la prouesse technique et esthétique de son plan-séquence final, Bi Gan excelle dans sa narration fragmentaire et chronologiquement explosée. Un grand voyage de rêve et de nostalgie. Une certaine idée du cinéma. »
« Une échappée hallucinatoire et volontairement décousue qui transporte son spectateur dans un rêve éveillé, aux limites de l’irréel dans sa somptueuse dernière heure en 3D. »
« Bi Gan propose une mise en image du concept de rêve jamais vue. Chaque plan crève les yeux de beauté, et le fameux plan-séquence n'a pas usurpé ses éloges. »
« Un grand voyage vers le cinéma. »
Nicky Larson et le parfum de Cupidon (en salles le 06/02/2019)
Philippe Lacheau
« Dommage que l'humour franchouillard et les clins d’œil embarrassants au Club Dorothée viennent parasiter un ensemble loin de la purge annoncée. Une relative ambition dans l'action, la dimension cartoon et l'humour de City Hunter sont là, pas honteux sans être une réussite. »
« Retour en enfance pour la génération Club Dorothée. Oubliez City Hunter et replongez-vous dans le Nicky Larson que vous avez connu. Tout n'est pas parfait, les références sont souvent peu utiles mais ce Nicky Larson est une bonne comédie et surtout, le meilleur film de Lacheau (ok, ce n'est pas très difficile...). »
« Les fans de Lacheau peuvent y trouver leur compte, ceux qui cherchent City Hunter (ou une quelconque forme d'ambition cinématographique) seront plus embarrassés devant cette comédie pataude multipliant les clins d’œils déprimants au Club Dorothée. »
Penguin Highway (Kinotayo 2019)
ishida Hiroyasu
« Bon anime pour les amateurs de sciences, de seins et de manchots. Et une fin bien psychédélique zabriskie-pointesque de bon aloi. »
« Un premier long-métrage qui prouve que son jeune réalisateur Ishida Hiroyasu est loin d'être manchot ! »
Destiny : The Tale Of Kamakura (Kinotayo 2019)
Yamazaki Takashi
« Un conte magique très gnangnan où la magie n'opère pas. Les effets spéciaux sont assez réussis. »
The Chrysanthemum And The Guillotine (Kinotayo 2019)
Zeze Takahisa
« Belle fresque féministe et politique en forme de miroir sur le passé et le présent japonais. Les 3h se font néanmoins parfois un peu sentir. »
« Œuvre libre et intéressante, à l'image de son sujet, qui aurait mérité un traitement de moins de 3 heures pour gagner en puissance. »
« Un petit film-monde qui met en lumière des personnages vrais au service d'un propos honorable. »
Yurigokoro (Kinotayo 2019)
Kamazawa Naoto
« Un héroïne sacrément torturée portant un récit intriguant qui se perd dans une dernière demi heure superflue car trop explicative et larmoyante. Dommage. »
« Entre le scénario tiré par les cheveux et la médiocrité d'une bonne moitié des acteurs, le résultat est admirablement gênant. Grand-guignolesque. »
« Ça fait plaisir de revoir l'actrice Yuriko Yoshitaka mais pour un thriller qui tourne rapidement en rond. »
« Plus on avance dans le film, plus il perd d'intérêt à force d'une intrigue de plus en plus ridicule (qui n'assume jamais son côté grotesque). Et le début était déjà loin d'être génial... »
Killing (Kinotayo 2019)
Tsukamoto Shinya
« Killing brille par son interprétation viscérale d'un thème classique. C'est fiévreux, sensuel, brutal... du Tsukamoto dans toute sa splendeur. »
« Un film de chambara à la sauce Tsukamoto, et sans budget, c'est toujours détonnant. Il y a des moments de grâce dans ce film, mais aussi des flottements dus à des personnages parfois trop peu incarnés. »
« Perçu (à jamais ?) comme un cinéaste urbain, Tsukamoto magnifie régulièrement la nature. C'est le cas pour ce film de sabre avant tout psychologique porté par un quatuor d'acteurs convaincants et des prises de vue maîtrisées. »
« Shin'ya Tsukamoto revient avec un genre résolument classique mais résolu à crever l'écran à travers un film tout sauf classique. Tout comme les cinéastes du Nouvel Hollywood en leur temps, et avec seulement 1h30, Tsukamoto portrait la violence de sa société. »
« Malgré quelques scènes moins inspirées et une utilisation discutable du numérique, Shinya Tsukamoto livre un chambara hypnotique et fascinant, s'appropriant pleinement le genre en l'inscrivant dans son univers obsessionnel. »
Inland Sea (Kinotayo 2019)
Soda Kazuhiro
« Le documentaire est bien vite pris en otage par une vieille radoteuse, aussi agaçante qu'attachante. En même temps que son énergie porte le film, elle le mène quelquefois à faire du sur-place. »
« Soda filme toujours avec la même bienveillance ces "petits vieux" (et les chats). On ne peut que s'attacher à ces personnages parfois fantasques. Cependant, la 2e partie a tendance à radoter... »
« Éloge de la lenteur et de la vie simple (mais ô combien laborieuse pour ces personnes âgées) dans ce village de pêcheurs qui rappelle certains coins de Bretagne. Soda sait mettre en valeur les petites gens les plus attachants. »
« Au delà de la chronique sociale, Soda observe un Japon imamurien immobilisé dans une capsule temporelle dont il arrive à capturer la fragile et dernière persistance. »
Ne coupez pas ! (Kinotayo 2019)
Ueda Shin'ichirô
« Ode aux petites mains et au système D du cinéma, touchant, inventif et surtout d'une drôlerie irrésistible. »
« Un feu d'artifice de bonnes idées qui célèbre, avec tendresse et drôlerie, la face cachée du cinéma. Une friandise à déguster sans modération. »
« Une déclaration d'amour au cinéma, sans moyen mais hyper malin. Donc ça marche ! »
« Une idée simple, un budget limité et surtout de la passion : la recette imparable pour cette ode au cinéma. »
« Rien de révolutionnaire, mais plutôt malin et amusant. »
An Elephant Sitting Still (en salles le 09/01/2019)
Hu Bo
« Un chef d'oeuvre d'une rare force poétique, porté par une mise en scène précise et immersive et des acteurs sublimes. Hu Bo laisse retentir derrière lui un inoubliable cri de douleur. »
« Une oeuvre limpide d'une noirceur et d'un pessimisme assumés. Une certaine vision de la Chine contemporaine et, plus généralement, des rapports humains. À méditer en écoutant, sans ironie, "Come On Die Young" de Mogwai. »
« 4h d'une fresque qui font entrer Hu Bo au panthéon des plus grands cinéastes de notre ère. Une œuvre testament, très majoritairement portée par un souffle dépressif incroyable, mais pour peu qu'on regarde dans les interstices, non sans lumière. »
« À la fois d'une belle intensité narrative et d'un réalisme presque vaporeux. On ne peut que regretter la disparition d'un cinéma aussi prometteur.... »
Never-ending Man : Hayao Miyazaki (en salles le 02/01/2019)
Arakawa Kaku
« De précieuses et émouvantes images de Miyazaki, dans toute la vivacité de sa passion. Cependant, bien qu'elle s'explique par les conditions de tournage, la forme reste assez décevante. »
« Un documentaire touchant sur Miyazaki, ses envies, ses fêlures et ses doutes. Malheureusement, la forme est bien trop peu travaillée pour rester dans les annales. »
« Un propos et un sujet passionnant auquel la forme du reportage télévisuel n'est pas vraiment à la hauteur. »
Asako I&II (en salles le 02/01/2019)
Hamaguchi Ryusuke
« On retrouve la capture du quotidien croisée à un astucieux romanesque déjà apprécié dans Senses, tournant cette fois autour de l'inachevé et l'obsession amoureuse. La claque de ce début 2019. »
« Si on n'atteint pas la finesse d'interprétation de Senses, Asako I&II nous gâte avec ses personnages aux étrangetés étonnamment humaines, et confirme Hamaguchi comme un metteur en scène sensible, dans la lignée de Kore-eda et Kawase. »
« Un film qui laisse parfois perplexe. Une mise en scène brillante, mais un rythme perturbant et une héroïne qui a du mal à se construire au fil du récit alors que c'est bien le sujet du film. »
« Hamaguchi brouille les pistes du réel dans cette histoire de doubles psychiques et physiques. Il confirme aussi être l'un des réalisateurs phares de la quête de soi et de la quête du sens. »
« Comment s'attacher au personnage titre alors quelle est aussi transparente que son chemisier. Heureusement on peut se raccrocher aux personnages secondaires plus consistants et attachants. Mention spéciale à Higashide Masahiro et sa super perruque dans son rôle de Baku. Toujours pas convaincu par le supposé génie de cet auteur. »
« Un film ambivalent traversé par de belles idées, mais parfois à la limite d'une insignifiance calquée sur son héroïne. On peut préférer Asako I à Asako II (ou l'inverse). »
Miraï, ma petite soeur (en salles le 26/12/2018)
Hosoda Mamoru
« Doux et poétique voyage dans la psychologie d’un enfant attendant l’arrivée d’une petite sœur, Mirai touche toujours juste, parle de la parentalité et de la filiation avec une acuité étonnante. Magnifique. »
« Hosoda observe avec inventivité et tendresse les sentiments à vifs de la petite enfance. »
« Une ode à la puissance de l'imagination, qui n'atteint toutefois pas la force et la densité des précédents films d'Hosoda, faute d'une mythologie cohérente. Touchant et divertissant malgré tout. »
« Le nouveau film de Hosoda n'est pas qu'une énième histoire de famille ; il est beaucoup plus. Inventif, touchant, naviguant dans des univers parallèles, Hosoda parvient, par une tranche de vie montrée à l'écran, à saisir des problématiques universelles, qu'on ait l'âge de 4 ans, comme le petit héros, ou non. »
« Une merveille dans la veine plus intimiste d'Hosoda. »
Grass (en salles le 19/12/2019)
Hong Sang-soo
« La petite musique habituelle d'Hong Sang-Soo, pas désagréable mais qui laisse un peu de côté pour cette fois. »
« Grass laisse entrapercevoir le jour où il sera possible d'écrire sur un film d'Hong Sang-soo sans employer le mot "variation". Toujours des autopsies émotionnelles sur fond de soju, mais un indicible renouveau dans la mise en scène. »
« HSS innove (un peu) et ça fait du bien. Mais le film demeure insignifiant et rapidement oublié. »
« Hong Sang-soo décidément au-dessus du lot. Un triptyque fluide mort/culpabilité, trahison/dépit, amour/espérance porté par des dialogues toujours aussi savoureux (et poignants) et une mise en scène avec laquelle le réalisateur réussit à surprendre. Le meilleur HSS depuis Yourself & Yours. »
« Voir l'avis de Marc, tout pareil ! »
Une affaire de famille (en salles le 12/12/2018)
Kore-eda Hirokazu
« Un film somme des questionnements sociaux et sociétaux du réalisateur qui se réinvente néanmoins en ajoutant à sa veine sensible une truculence rappelant le meilleur de la comédie italienne. »
« Kore-eda lance des nouvelles pistes pertinentes dans la thématique de la famille qui lui tient tant à cœur. C'est peut-être ce renforcement de l'aspect narratif qui donne toutefois le sentiment qu'il ne tire plus autant de ses acteurs. »
« Kore-eda a, une fois de plus, tout compris au cinéma. Il émeut, fait rire et tire des conclusions de cette histoire de famille recomposée, sans jamais apporter de jugement moral. »
« Un Kore-eda juste et touchant dans un film magnifiquement porté par son sextet d'acteurs. Seul bémol : un scénario et une mise en scène très conventionnels. Plus d'audace ne nuirait pas à l'émotion du spectateur. »
« Un sommet incontestable dans la filmographie de Kore-Eda, débordant d’amour et d’émotion. Une palme d’or amplement méritée. »
« Après la digression The Third Murder, Kore-eda revient aux territoires connus déjà arpentés dans Nobody Knows et Tel père tel fils. On est en droit de trouver la maîtrise parfaite de cette Palme d'or moins incisive que le premier et moins touchante que le second. »
  • : pas de note
  • : mauvais
  • : moyen
  • : bon
  • : très bon
  • : excellent
  • : chef-d'Oeuvre

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