Les pires adaptations de jeux-vidéos au cinéma

Posté le 5 mars 2011 par

La sortie de l’infamant Tekken en DVD, et la projection de Mario Bross et Street Fighter au Panic Cinéma ! le 12 mars prochain, nous a donné envie de reprendre les manettes et de nous remémorer les pires adaptations cinématographiques de jeux-vidéo (ainsi qu’un ou deux essais regardables perdus dans la masse). Fight ! Par East Asia.

Medium

1993 : Super Mario Bros. de Rocky Morton
Par Fabien Alloin.

Difficile d’adapter au cinéma un univers comme celui de Mario. A savoir l’histoire d’un plombier moustachu, lanceur de tortues, mangeur de champignons, sauvant encore et encore une princesse ingénue d’un dinosaure monomaniaque. Le respect quasi-total de ce cahier des charges surréaliste est la raison principal de l’échec du film de Rocky Morton.

 

On trouve donc présents à l’écran des champignons (appelés ici « mycose »), des dinosaures, des tuyaux, une princesse, tous rassemblés dans un monde parallèle situé sous le New-York de la fin du XXème siècle. L’ensemble n’a ni queue ni tête et la présence de nombreuses têtes connues ( Dennis Hopper, Bob Hoskins, John Leguizamo) aurait pu donner naissance à un beau bordel réjouissant et régressif si un vrai cinéaste avait été aux commandes (le Terry Gilliam des Aventures du Baron de Munchausen par exemple). Malheureusement Super Mario Bros., en plus du récit sans rythme et sans saveur qu’il nous propose, est visuellement affreux. Des décors aux costumes l’univers à l’écran, d’une laideur confondante, ne laisse aucune chance au film. Le mauvais goût est de rigueur (mon dieu cette mycose) et les acteurs ont beau avoir l’air de s’amuser, difficile de ne pas rester amorphe face à ce triste spectacle. Mario a eu 25 ans cette année et n’a pas pris une ride. Difficile d’en dire autant de ce film qui est devenu au fil des ans, irregardable. Et là, signe qui ne trompe pas, même la nostalgie n’y peut rien.

Mais si cette critique ne vous a pas découragés, allez voir ce film au Panic Cinéma ! le 12 mars prochain. Rendez vous sur le site officiel.

1994 : Double Dragon de James Yukich
Par Tony F.

Licence emblématique du beat them’up de la fin des année 80/début 90, les aventures des frères Lee (Billy et Jimmy) ont marqué un bon nombre de gamers, et restent aujourd’hui encore empreintes d’une aura de respect. Si seulement on pouvait en dire autant de la version cinéma…


Le film s’ouvre sur la destruction d’un village asiatique, pendant que la voix off nous raconte l’histoire d’un médaillon, deux dragons, séparés en deux moitiés : l’une représente la force physique, l’autre la force mentale, et celui qui récupère les deux moitiés… Bon, ok, vous avez déjà compris de quoi retournera l’intrigue (savoir que les scénaristes s’y sont mis à quatre pour écrire ça, ça n’a pas de prix)… Si le pitch du jeu n’est pas respecté, celui qui le remplace aurait pu faire un film d’action somme toute très honnête…

Mais au final, il en ressortira un nanar ultime qui nous amusera pour son casting, et nous désolera pour tout le reste. Ainsi nous retrouvons dans les rôles des héros, Scott Wolf et Mark Dacascos, le premier sachant à peine se battre (l’acteur du moins, et par conséquent le personnage aussi), le second étant le Dacascos que l’on connaît, donc un pratiquant d’arts martiaux tout a fait honorable. Billy et Jimmy vivent à New Angeles, un L.A. post-apo en proie aux gangs (l’un de leurs boss étant le méchant punk Abobo – on ne rit pas -) et à un mégalomane méchant très riche qui veut le médaillon complet, Kogo Shuko (on ne rit pas non plus!) interprété par Robert « T-1000 » Patrick (là, vous pouvez rire), ici maquillé en blondinet peroxydé adepte du bouc, au jeu de sourcil assez incroyable. Ajoutons au tableau une Alyssa Milano aussi insupportable que d’habitude, la coupe de cheveux en plus, des dialogues qui sont dignes d’une mauvaise série Z, et des scènes d’actions où les deux frangins passent plus de temps à courir en gueulant de peur qu’à réellement se battre. Ceci dit, vu la qualité des quelques combats, cela vaut peut être mieux.

Gentil, pas vulgaire pour deux sous, moraliste jusqu’à la dernière seconde, Double Dragon se pose un peu au niveau de Super Mario Bros. : un film déjà pas très regardable à son époque, totalement indigeste aujourd’hui, qui se veut plus un gentil film pour enfants qu’une réelle adaptation de jeux vidéo… Mais qui se révèle être un gros nanar sur lequel il vaut mieux passer son chemin.

1994 : Street Fighter de Steven E. de Souza
Par Yannick Vanesse.

Vu le succès du jeu vidéo Street Fighter 2, il était normal qu’il se voit adapté au cinéma. Cependant, les choix artistiques du film restent surprenants, tant tout concourt à faire de ce film une abomination filmique !

 

Rien que découvrir les versions cinématographiques des personnages du jeu est impressionnant… Certes, Jean-Claude Van Damme était une star du cinéma d’action à l’époque, mais sa ressemblance avec Guile est inexistante. Kylie Minogue est en général sexy, mais ils ont réussi à enlever tout sex-apeal à la belle en tant que Camille, grâce à un costume ridicule, des dialogues effarants (au diapason du reste du film, cela dit), et surtout, vu ses compétences martiales, elle perd toute crédibilité. Dhalsim n’est même pas un combattant mais un simple scientifique, et que dire de Blanka, personnage inutile et vite expédié mais créé avec des effets spéciaux d’un ridicule hallucinant ! Cependant, ce n’est pas le pire du film : plus que le scénario simplement basique (le général Bison – Vega au Japon – est un dangereux dictateur ayant pris des otages et il faut l’anéantir), le pire vient des costumes pathétiques (les uniformes militaires des sbires de Bison sont irrésistibles), les décors paraissent être en carton, et les combats sont chorégraphiés sans aucune inventivité… Les coups spéciaux des personnages sont vite expédiés par des acteurs qui ne sont pas de grands combattants, le summum étant atteint par le combat Guile/Bison, carrément effrayant. Et quand tout ce beau monde ne se bat pas, il débite des dialogues allant de l’humour crétin aux tirades métaphysico-ridicules (là encore, le pire est obtenu grâce à la harangue de JCVD voulant motiver ses troupes). Mais ce film est tellement mauvais qu’il en devient fabuleux, sorte d’abomination dont il est dur de détacher le regard tant l’on souhaite voir jusqu’où il est possible d’aller…

Mais si cette critique ne vous a pas découragés, allez voir ce film au Panic Cinéma ! le 12 mars prochain. Rendez vous sur le site officiel.

1995 : Mortal Kombat de Paul W.S. Anderson
Par Dorian Sa.

Au royaume d’Outremonde, le bon Dieu Rayden et ses valeureux guerriers Liu Kang, Johnny Cage et Sonya Blade, tentent d’empêcher le vilain prince Goro de faire régner le mal en remportant le fatal tournoi : Mortal Kombat.

Malgré zéro scénario, l’adaptation du plus sanglant des jeux de bastons attira 900 000 spectateurs en France ! C’était l’époque où on commençait à ne plus suivre la carrière en dents de scie de Christophe Lambert, seul acteur à peu près convaincant dans le rôle de Rayden.

Quoi dire d’autre ? Euh…

Pour la faire courte, on aimera revoir l’ex mannequin Talisa Soto, aussi belle en Princesse Kitana (Sonya Blade) qu’en James Bond Girl dans Permis de Tuer (1989). On écoutera plus les dialogues en toc à partir de la deuxième réplique et on blacklistera définitivement Cary-Hiroyuki Tagawa (le méchant Shang Tsung) aussi mauvais ici que dans Tekken (2010). Pour le reste, on baissera le son de la techno surannée des années 90, on rira des effets spéciaux de sous série B et on aura plus qu’une seule envie pendant les combats bidons au milieu des décors en carton : To finish him !

P.S : message personnel à l’attention de Paul W.S. Anderson (en toute sympathie).

Quand on réalise autant de navets et que tous les critiques vous jettent des tomates en pleine poire, on gagne à vie un stand réservé dans tous les marchés du monde. Alors voilà, East Asia est fier d’officialiser la chose en te décernant le prix du meilleur vendeur de fruits et légumes du cinéma américain. Félicitations !

1997 : Mortal Kombat 2 – Destruction Finale de John R. Leonetti
Par Tony F.

Avouons-le, Mortal Kombat premier du nom reste dans beaucoup d’esprits comme un film sympathique, sublimé par les souvenirs d’enfance de la plupart d’entre nous (à condition de ne pas le revoir maintenant, jetez un œil plus haut)… Et par Christophe Lambert. Si si, ça joue. Bref, tout ça pour vous dire qu’en 1997 nous arrivait la suite directe, commençant là où finissait le premier, c’est à dire sur la tentative d’invasion de la terre par Shao Khan, maître de l’ « Outworld » (Outre-Monde en VF), et ses sbires, une bande de ninjas sous ecstasy se déplaçant comme des figurants de Power-Rangers, ainsi que quelques gros boss tirés directement des trois premiers jeux vidéo.


Arrêtons-nous sur le casting, qui représente l’un des plus beaux ramassis de figurants et d’acteurs de série B que l’on ait vu. Seuls deux acteurs ( Robin Shou/Liu Kang et Talisa Soto/Kitana ) ont accepté (je me demande bien sous quelles conditions…) de reprendre leurs rôles du premier opus. Christophe Lambert laisse sa place de Raiden à James Remar et Brian Thompson nous surjouera de manière particulièrement grimacière et ridicule Shao Khan. C’est à peu près tout ce que vous avez besoin de retenir, puisqu’il faut le dire, le reste du casting mériterait la potence, entre Jax le sidekick inutile, Sub-Zero et son uniforme en plastique, ou même Sindel qui nous offre un exemple éloquent de non-jeu d’actrice.

Nous suivrons donc les aventures et les combats des humains dans un monde en proie à une apocalypse, lesquels se suivront sans grande cohérence, et même dans un foutoir total avec un ennui à la clé pour nous, pauvres spectateurs de ce rebut de pellicule. Les effets visuels sont juste hideux, là encore dignes d’un Sentai sous payé, et les combats suivent niveau qualité. L’apogée sera atteinte à la fin, lorsque l’on nous offre en lieu et place de combat final un affrontement entre deux monstres en CGI (ah, les débuts du numérique!) à peu près aussi bien animés qu’une cinématique de Davilex, et soulignons pour finir la bande sonore, principalement de la techno 90’s bien lourdingue, quand ce n’est pas tout simplement le thème principal du premier film qui est repris. Point positif toutefois : la tronche du centaure Motaro, qui garantit la touche comique involontaire.

Trop de nanar tue le nanar, voilà une expression qui collera au plus près d’un film qui nous rappelle que les années 90 ont elles aussi massacré pas mal de licences de jeux, et qui a au moins un mérite : nous faire relativiser quant à la qualité de certaines adaptations actuelles…

2005 : Doom d’Andrzej Bartkowiak
Par Yannick Vanesse.

Voilà plus de vingt ans qu’était prévu une adaptation du jeu mythique Doom, FPS parmi les FPS (First Person Shooter), quand arriva enfin ce film… S’y trouvent donc The Rock, délicieux acteur sourcil, successeur de la génération Gros Bras et Karl Urban, à la tête d’une équipe de marines envoyés par un portail sur Mars, où une menace inconnue décime les scientifiques présents. Guère de similitudes donc, entre le scénario du jeu et celui du film ; ici il s’agit plutôt d’une invasion très zombiesque – enfin, de contaminés, les humains se transformant en monstres cannibales en se faisant mordre ou tuer…


Il reste cependant, dans le métrage, certaines choses du jeu, comme les portes de couleur, le fameux BFG – le Big Fucking Gun trouvé par The Rock et tout un passage en vision FPS, plutôt bien fait et incluant même la tronçonneuse que tout joueur de Doom aura manié avec le plus grand plaisir…
Cela fait certes léger, comme similitudes, mais le reste est plutôt sympathique. Le métrage étant un film de gros bras, s’y trouvent donc des soldats bourrins mais cools, sortant de nombreuses punchlines et fusillades plutôt sanglantes, avec massacre d’innocents en prime. Les effets spéciaux sont assez bons, et il y a quelques idées fort plaisantes, comme la manière de franchir le portail pour aller sur Mars ou les nano-murs, des murs devenant perméables si l’on compose le bon code. Le seul véritable reproche vient du combat final entre le héros et le méchant, un combat au corps à corps plutôt bien fait – même si l’utilisation des câbles est bien trop visible – mais n’étant vraiment, mais alors vraiment pas dans l’esprit du jeu.
Si ce film n’est pas un chef d’œuvre, il se laisse regarder avec grand plaisir, pour peu que l’on apprécie ce genre de métrage.

2005 : Alone in the Dark de Uwe Boll
Par jérémy Coifman.


Si on devait retenir un film du réalisateur fou Allemand, ce serait ce Alone in the Dark. L’adaptation du jeu vidéo fondateur du genre “Survival Horror”, est une des pires choses qu’il m’ait été donné de voir sur un écran. C’est moche, c’est cheap (et pourtant le budget est de 20 millions de Dollars!), les acteurs sont en roue libre (Christian Slater plus caricatural que jamais) et le scénario en plus d’être d’une nullité abyssale, n’a rien à voir avec le jeu vidéo du pauvre Frédéric Raynal qui a dû être sévèrement mécontent (a t-il seulement vu le film ?). Tout ça pour dire que si on croit tout savoir sur les nanars, il faut avoir vu ce Alone in the Dark ! Comment peut-il avoir l’audace de continuer le cinéma après ça ?

BloodRayne de Uwe Boll
Par Jérémy Coifman.


Uwe Boll enchaine les films et il n’y a aucun changement sur la marchandise ! L’adaptation d’un jeu vidéo déjà médiocre était risquée pour Uwe Boll, mais on lui donne 25 millions de Dollars à dilapider, alors l’Allemand ne se prive carrément pas. Avec un casting incroyable ( Kristina Loken, Michael Madsen, Ben Kingsley, Michelle Rodriguez, Billy Zane, Udo Kier…), tous cachetonnant comme des malades et étant des caricatures ambulantes (il faut voir Billy Zane et Michelle Rodriguez…inoubliables ! ). Uwe Boll n’arrive cependant pas à faire aussi nul qu’ Alone in the Dark et on est presque déçu. Pourtant avec une interprétation épouvantable, des effets spéciaux qu’on croirait tout droit sortis de la série Charmed, et un scénario calqué sur tout et n’importe quoi excepté le jeu vidéo, Ce BloodRayne se situe à bon niveau. Le pire c’est que le film baigne dans un premier degré insupportable ! Merci M. Uwe Boll, continuez de gâcher 20 millions de Dollars par films !

2006 : DOA : Dead or Alive de Corey Yuen
Par Tony F.

Dead or Alive… quel gamer n’a jamais bavé devant les plastiques de Kasumi, Tina ou Christie, ayant servies la réputation du jeu presque autant que son gameplay ? On se plaint trop souvent qu’une adaptation vidéoludique au cinéma n’est pas fidèle à son modèle. Ici, le soulagement arrive dès les premières minutes : les personnages, masculins et féminins, sont tous à peu près à leur place, l’univers et l’histoire également, à quelques détails près, modifiés pour coller au format. Soit. Si l’ambiance est fidèle, avec ses plages ensoleillées, ses décors asiatiques, ou même ses laboratoires secrets, le tout sur fond de musique de vacances, on déchantera bien vite…


En gros, cela se résume à ceci : on prend pour le casting féminin des « bombes » ou des models dont la carrière ciné ne décollera jamais (Merci à Devon Aoki, Jaime Pressly, Holly Valance…), et pour le casting masculin, des monsieur muscles réputés dans leurs milieux (Merci à Collin Shou, Kevin Nash, Derek « Bayman » Broyer, et surtout à Eric Roberts…voir même à Robin Shou pour son caméo.). Et par dessus tout ça, vous mettez des scènes ultra-câblées, pour éviter que les actrices (et acteurs, parfois) ne se fatiguent trop. Et je passe sur la qualité des décors, alternant joyeusement entre les beaux décors de Guilin et des studios Zhejiang Hengdian World, et les pitoyables décors retouchés/numériques de certaines scènes.

Nous passerons donc une heure trente à suivre de mauvais combats et de jolies plastiques, puisque c’est de toute façon tout ce qu’il y a ici à voir. En effet, de la même façon que le jeu exposait (ou surexposait) ses héroïnes comme un argument de vente limite douteux dans des positions toutes plus équivoques les unes que les autres, le film exposera ses actrices comme son SEUL argument marketing, ce qui n’est pas moins douteux. Gageons que là encore, on peut y voir un respect du support original, puisque le film peut même du coup s’autoriser un match de Beach Volley féminin sans pour autant dénaturer sa licence virtuelle.

Un flop? Assurément, mais bien moindre que ce que l’on imagine. Respectueux dans la forme, mais pas dans le fond, le réalisateur de Yes, Madam! n’avait probablement pas envie de se tuer à la tâche pour une adaptation produite par Paul W.S. Anderson… et mon dieu, je le comprends.

2007 : Resident Evil : Extinction de Russel Mulcahy
Par Victor Lopez.

Une petite tentative de défense du meilleur opus de la saga initiée par Paul W.S. Anderson


Après les deux premiers volets du mollasson Paul W.S. Anderson (hé oui, encore ce bougre…), la saga Resident Evil change de mains et est confiée à l’ex-star des années 80 Russel Mulcahy, adulé des fans d’ Highlander pour avoir signé le premier volet des aventures de McCleod. Le résultat n’a absolument plus aucun rapport avec le jeu vidéo de Capcom mais s’avère un mélange assez fun de baston post-apo avec des zombies, mâtinés d’effets spéciaux délicieusement kitchs. Le rendu visuel du film n’en finit d’ailleurs pas de fasciner, par sa capacité à rendre des effets gore d’une étonnante propreté, lui donnant un côté film d’horreur pour toute la famille. Si l’on ajoute à cela une théorie de références cinéphilique plus ou moins heureuse (des Oiseaux d’ Hitchcock en version morts-vivants, à l’indispensable clin d’œil au Romero de Day of the dead, lors d’une hilarante parodie), Extinction se voit comme une chouette série B en forme de plaisir coupable, sans aucune prétention autre que celle de nous faire passer un agréable moment.

2007 : Yakuza de Miike Takashi
Par Tony F.

Après une escale en court métrage, Yakuza revient dans sa version live, sous la réalisation de Miike Takashi. Malheureusement, l’impression d’ être face à un film porté sur le fan-service total se fait plus que jamais sentir. En effet, le scenario du jeu sera ici repris quasi à l’identique, à ceci près qu’il manquera d’un réel développement, nous donnant une narration des plus décousues que les non-connaisseurs auront bien du mal à comprendre. Pitch d’origine : Kazuma, un ancien Yakuza, sort de prison. Son ami d’enfance Nishiki est devenu puissant et influent parmi les familles, et pour couronner le tout, la mafia se voit victime d’un vol de dix milliards de Yens. Embarqué malgré lui dans cette affaire, Kazuma rencontrera Haruka, une enfant étrangement liée au reste.


La trame du jeu était ici parfaite pour donner lieu à un film haletant, avec son lot de coups de théâtres, de bastons, et de tensions. De tout ça, le film ne conservera que les éléments les plus superficiels : les décors et les personnages, dans l’ensemble fidèles, avec tout de même un léger manque de charisme pour Kazuma ( Kazuki Kitamura) et Nishiki ( Claude Maki) là où d’autres protagonistes sont eux parfaitement adaptés, à l’image du sociopathe fou qu’est Goro Majima ( Goro Kishitani). En dehors de ces éléments, nous pouvons également citer les effets visuels tirés directement du jeu, notamment certains combats, qui, s’ils manquent parfois de pêche, restent sympathiques de par l’aspect « jeu » que Miike conserve (notamment le Heat Mode et les items de soin).

Mais au delà de l’esthétisme, pas grand chose. Pour résumer, le background est quasi passé à la trappe, et la narration nous plonge dans le scenario sans préambules ni approfondissements. Le film s’embarrasse de storylines inutiles (un braquage de banque, un couple d’ados,etc.) là où l’histoire principale, elle, trop dispersée pour se révéler efficace, s’avère plate. Mêlant les quêtes annexes du jeu (le petit chien) aux scènes directement liées à l’histoire (la rivalité Majima/Kazuma) sans réelle distinction, le film commet là son erreur principale : avoir adapté la forme du jeu trop bien par rapport au fond, délaissé. Ainsi, Nishiki ne jouit d’aucune profondeur scenaristique, et il en va de même pour la plupart des protagonistes, tels que Date, Haruka ou Yumi, pourtant des figures emblématiques.

Le plaisir indéniable de la vision laisse un goût amer, et c’est un bilan finalement mitigé pour ce Ryu Ga Gotoku, qui se révèle être une bonne adaptation trop peu maîtrisée.

Pour une critique plus positive du film, c’est par ici !

Bonus 1 : S’il ne devait rester qu’une seule bonne adaptation pour nous sauver de tous ces flops…
Par Victor Lopez.

2006 : Silent Hill de Christophe Gans


Cinéphile omniscient, critique de cinéma habille et grand amateurs de Jeux-vidéo, Christophe Gans livre une version cinéma intelligente et assez virtuose de Silent Hill. C’est certainement une des seules adaptations non-japonaises qui s’interroge de manière pertinente sur la manière de retranscrire non seulement l’univers, mais aussi la grammaire d’un jeu sur grand écran. On y voit par exemple l’héroïne avoir des réactions de personnage de jeux-vidéo. Lorsqu’elle découvre une pièce, elle va ainsi d’abord fouiller les tiroirs pour y trouver des objets utiles, ou, afin de se repérer dans le bâtiment où elle se trouve, assimiler une carte du lieu en question. Si l’on ajoute à cette idée la beauté de la photographie et de l’univers angoissant décrit, à la belle poésie macabre, on peut affirmer que Silent Hill fait parti des meilleurs adaptations vidéo-ludiques réalisées jusqu’à présent. Et quand on voit la qualité générale du genre, on chérit un tel tour de force.

Bonus 2 : Wong Jing et Street Fighter: True Love Story
Par Anel Dragic.

Sortons un peu des adaptations officielles et tournons nous vers l’Asie. On ne le sait que trop bien (et c’est d’ailleurs ce que l’on aime dans le ciné asiatique) : leur cinématographie déborde d’œuvres d’exploitation totalement folles. Impossible donc de ne pas trouver un petit rip off ou une référence dans la production locale. Penchons nous donc sur le cas Wong Jing. Wong est un gros joueur, un très gros joueur. Le bonhomme n’est pas fan uniquement de jeu vidéo, mais s’avère être l’un des papes du gambling movie (cartes, mahjong, dés, faites vos jeux!). Il était alors tout bonnement impossible qu’il ne s’intéresse pas aux jeux vidéo, et c’est sur Street Fighter II que l’homme semble avoir jeté son dévolu, et ce à au moins deux reprises.

En 1993 sortent deux films de Wong Jing faisant référence à ce chef d’œuvre du jeu vidéo qu’est Street Fighter II. City Hunter d’abord, adaptation filmique avec Jackie Chan du célèbre manga connu en France pour son anime retitré Nicky Larson. Quel rapport avec Street Fighter me direz-vous ? Eh bien Wong Jing n’hésite pas à insérer au beau milieu de son spectacle (qui est un beau mélange de tout et n’importe quoi), toute une séquence faisant référence au jeu de Capcom. Loin de n’être qu’un simple clin d’oeil, et malgré tout l’opportunisme du réalisateur, il y a dans cette scène un souci de respect du jeu d’origine et un véritable amour pour l’œuvre retranscrite. Retranscription des costumes, des animations dans ce qu’elles ont de plus archaïques (le jeu est sur 16 bits, n’oublions pas) mais aussi des sons et musiques du jeu d’origine. Dans une œuvre aussi folle que celle de Wong Jing, la manière dont ces séquences restent totalement dans le ton des mo lei tau (comédies nonsensiques HK) et s’insèrent brillamment dans le tout.

Quelques mois plus tard sort Future Cops, comédie all stars et fourre tout qui fait une fois de plus référence au célèbre jeu de combat, et cette fois beaucoup plus que lors d’une simple séquence puisque ce sont les personnages principaux de tout le film qui sont calqués sur les héros de Street Fighter II. Aaron Kwok en Ryu, Jacky Cheung en Guile, Andy Lau en Vega, Simon Yam et Dhalsim, Chingmy Yau en Chun Li, Ken Lo en Bison et Billy Chow en Sagat,…etc.


Le film se permet également d’autres clins d’œil à des classiques comme le célèbre Mario Bros. ou encore Dragon Ball pour les mangas. En l’espace de deux films, qui pourtant ne sont pas des adaptations de jeux vidéo, Wong Jing aura montré un tel respect envers les codes de ces jeux et un tel amour pour l’œuvre en question qu’aujourd’hui encore, City Hunter et Future Cops font parties des “classiques” du jeu vidéo au cinéma.

Game Over

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