Questionnaire de Proust eastasien : Yannik Vanesse

Posté le 30 octobre 2011 par

East Asia a un an et il est grand temps pour ses rédacteurs de se dévoiler un peu plus ! Chaque semaine jusqu’à la fin de l’année, les mystérieuses plumes du site répondent à quatre questions, qui vous permettront de mieux les connaitre : Quelle est votre fonction au sein d’East Asia ? East Asia, c’est quoi pour vous ?  Vos 3 films de chevet ?  3 textes représentatifs de ce que vous avez écrit pour le site ? Aujourd’hui, c’est Yannik Vanesse qui s’y colle !

 

Quelle est votre fonction au sein d’East Asia ?

Rédacteur et grand amoureux d’horreur et de gore.

East Asia, c’est quoi pour vous ?

East Asia est un site de passionnés amoureux de cinéma asiatique sous toutes ses formes et désireux de partager cette passion.

Vos 3 films de chevet ?

Super Inframan, Black Mask 2 et Vengeance… Non, je déconne, hein !

1. La Rage Du Tigre. Troisième volet du Sabreur Manchot, montrant toute la maestria de Chang Cheh en matière de sauvagerie durant un final dantesque, avec un sous-texte gay assez hallucinant.

2. A Toute Epreuve. Le film qui m’a fait découvrir John Woo. Sauvage, violent, dantesque dans ses scènes d’actions.

3. Old Boy. Histoire hallucinante et jusqu’au-boutiste, malsaine et dérangeante, mais magnifiquement réalisée.

3 textes représentatifs de ce que vous avez écrit pour le site ?

Tokyo Gore Police

La 7ème malédiction

Une Plongée dans le cinéma fantastique japonais récent


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Un commentaire pour “Questionnaire de Proust eastasien : Yannik Vanesse”

  1. Du 2 au 23 novembre à la Cinematheque

    Fondées en 1986 par Tetsujiro Yamagami, les Productions Siglo débutent en produisant des films documentaires puis de fiction consacrés aux problèmes sociaux du Japon : la pollution, la pauvreté, l’alcoolisme. Tetsujiro Yamagani s’intéresse à des catégories et des classes sociales délaissées par le cinéma traditionnel.

    http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/fiche-cycle/productions-siglo,421.html

    * Agent Orange : A Personal Requiem – Masako Sakata
    * All Around Us – Ryosuke Hashiguchi
    * Another Life – Masato Koike
    * Arakawa – Yoshihiro Hagiwara
    * Artists in Wonderland – Makoto Sato
    * Breaking the Silence – Toshikuni Doi
    * La Complainte du vent – Yoichi Higashi
    * Counterfeit – Yuichi Kimura
    * Echoes from the Miike Mine – Hiroko Kumagai
    * Hush! – Ryosuke Hashiguchi
    * The Matsugane Potshot Affair – Nobuhiro Yamashita
    * The Meaning of Documenting : Claude Lanzmann and Tsuchimoto Noriaki – Osamu Wakatsuki
    * Minamata Disease : 30 Years / Town Alive – Noriaki Tsuchimoto
    * Out of Place : Memories of Edward Said – Makoto Sato
    * Outside the Great Wall – Guang Han
    * Power and Terror : Noam Chomsky in Our Times – John Junkerman
    * La Rivière sans pont – Yoichi Higashi
    * Uminchu : The Old Man and the East China Sea – John Junkerman
    * Le Village de mes rêves – Yoichi Higashi
    * Wandering Home – Yoichi Higashi
    * Where is Grandma Zheng’s Homeland? – Zhongyi Ban
    * Wind from Shigaraki – Masahiro Nishiyama
    * Yuntanza Okinawa – Masahiro Nishiyama

    Le Cinéma produit par Siglo

    Chaque année, un nombre important de documentaires sont produits et distribués au Japon. Leurs genres sont variés mais les films qui attirent le plus l’attention sont ceux qui traitent des problèmes sociaux tels que l’environnement, la paix, la discrimination, le handicap, le travail des ouvriers, les droits de l’homme… et qui sont classés dans la catégorie « documentaires sociaux ». Ces films ont peu de chance d’accéder à une distribution commerciale dans les salles mais ils sont souvent projetés au cours de réunions associatives regroupant des citoyens intéressés par ces sujets. Dans le passé, j’ai proposé à NHK, la chaîne publique japonaise, de produire un documentaire sur la manière dont les cinémas asiatiques représentent la guerre d’invasion faite par le Japon. NHK a alors demandé à la maison de production Siglo de réaliser ce film, au tournage duquel j’ai participé comme interviewer. J’ai été satisfait du résultat car le film réalisé transmettait avec justesse ce qu’ont subi des peuples asiatiques qui haïssent la guerre d’invasion japonaise. Or, au cours de la production, un des responsables de NHK avait manifesté une appréhension exagérée de la réaction négative des téléspectateurs japonais. Mais l’équipe de Siglo a su résister jusqu’à la fin, ce qui m’a beaucoup ému. Les documentaires dits « sociaux » devraient être diffusés plus largement à la télévision, mais ils ne sont projetés que dans le cadre de rassemblements associatifs.
    La parole donnée aux anonymes

    Ningen no machi – Town Alive de Masato Koike est un film qui traite un des problèmes sociaux les plus dramatiques au Japon : celui des buraku, groupes minoritaires discriminés. Masato Koike était assistant de Noriaki Tsuchimoto lorsque ce dernier réalisait la série des documentaires sur le mouvement contestataire des victimes du mercure versé par l’usine d’une grande entreprise à Minamata. Quant à Tetsujiro Yamagami, producteur de Siglo, il était à cette époque un des jeunes organisateurs des projections de cette série à Minamata même. L’attention que Koike et Yamagami manifestent envers les personnes qui luttent contre l’injustice, vient probablement de ce qu’ils ont appris auprès de leur maître commun : Noriaki Tsuchimoto.

    Yuntanza Okinawa de Masahiro Nishiyama (1987) est un film sur la tradition culturelle et la réalité de l’île d’Okinawa, qui a été un champ de bataille sanglant lors de la Guerre du Pacifique et qui est devenue une des plus grandes bases militaires américaines après la guerre. Lorsqu’elle a été transformée en champ de bataille et que les troupes américaines ont débarqué, beaucoup de ses habitants ont été incités au suicide collectif pour manifester leur loyauté envers le Japon. Shigaraki kara fuite kuru kaze/ Wind from Shigaraki (1990), un autre film de Masahiro Nishiyama, nous montre les handicapés mentaux qui travaillent à Shigaraki. Dans cette ville, connue pour ses poteries, travaillent deux mille personnes dont 106 sont des handicapés mentaux (soit 5% de la population). Le film suit de près quelques-uns d’entre eux afin de découvrir comment ils choisissent l’endroit où ils souhaitent travailler, comment ils nouent des liens étroits avec leurs collègues et enfin comment ils arrivent à mener une vie autonome grâce à leur travail. Peu de films nous montrent des handicapés adultes bien intégrés comme citoyens et travailleurs. Ce film dépeint, avec calme et simplicité, leur vie quotidienne.

    Arakawa de Yoshihiro Hagiwara (1993) est une réflexion à la fois scientifique et sociologique sur le rapport entre la rivière Arakawa qui coule à Tokyo et la vie des habitants de ses berges. Dans ce film, ceux qui émettent des opinions ne sont ni des experts ni des journalistes mais les habitants eux-mêmes. Mô hitotsu no jinsei/ Another Life de Masato Koike (1995) est un documentaire sur les personnes alcooliques et leur traitement en thérapie de groupe avec les familles.

    On retrouve la même méthode dans tous les films de Siglo que j’ai cités. Il s’agit de donner de l’importance aux paroles des personnes anonymes qui vivent les situations plutôt qu’à des spécialistes.

    Rojin to Umi/ Uminchu : The Old Man and the East China Sea est un documentaire que Tetsujiro Yamagami a demandé à John Junkerman de réaliser. En fait, Yamagami s’est rendu compte qu’il existait, dans les îles du sud du Japon, le même environnement et la même méthode de pêche que ceux décrits par Hemingway dans son fameux roman. Il est donc allé chercher un vrai pêcheur. Ce film fait effectivement penser à la mer et à la pêche d’Hemingway, mais le personnage principal du vieil homme est très différent de celui du roman, qui vit dans son monde, à la fois obstiné et viril, tel que l’aiment les Américains.
    Quant à Bômei/ Outside the Great Wall, il est réalisé par le chinois Han Guang. Ce dernier, qui est né et a grandi en Chine, est venu au Japon à l’âge de 29 ans puis il est devenu journaliste. Ensuite, il a réalisé un premier documentaire Chon obasan no kuni/ Where is Grandma Zheng’s Homeland ? produit par Siglo, qui montre la vie d’une femme forcée par l’armée japonaise à devenir prostituée.

    Dans Bômei/ Outside the Great Wall, nous assistons aux interviews des intellectuels chinois contraints de s’exiler aux Etats-Unis et en Europe après le massacre de Tian’anmen en 1989.

    Mahiru no hoshi/ Artists in Wonderland, un autre film de Makoto Sato (1998), présente les activités artistiques d’handicapés mentaux.

    Siglo a également produit de merveilleux films de fiction. Contrairement aux documentaires traitant des sujets sociaux voire polémiques, les thèmes abordés dans les fictions sont plus variés et chaque film témoigne de l’originalité de son auteur.

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